Le président-fondateur de l'Association des familles de personnes assassinées ou disparues souhaite aussi continuer à faire pression pour que le gouvernement fédéral adopte une réforme des lois entourant les libérations conditionnelles, dans laquelle les contrevenants pourront bénéficier d'une libération aux deux tiers de leur peine au mérite seulement, et non automatiquement, comme c'est pratiquement le cas présentement.
M. Boisvenu a ainsi réagi au dossier publié dans Le Soleil de vendredi, dans lequel on apprenait que la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) a libéré Blais malgré ses nombreuses récidives en matière de violence.
Blais, 49 ans, a pu recouvrer sa liberté en avril, même si en juin 2009, il s'était enfui de la maison de transition où il habitait, après avoir été libéré par la CNLC, car il venait de purger les deux tiers de sa peine d'emprisonnement de 42 mois. Le 1er mai, Blais se sauvait de la maison de transition, et moins de trois semaines plus tard, il aurait tué Jean-Paul Bussières, un homme de 83 ans d'Armagh qui vivait seul.
«Un contrevenant qui enfreint un engagement de sa remise en liberté après avoir profité d'une libération conditionnelle aux deux tiers de sa peine devrait ensuite compléter sa sentence jusqu'à la dernière journée», a lancé M. Boisvenu, vendredi midi, lors d'une entrevue téléphonique.
M. Boisvenu ne comprend pas que la CNLC et le Service correctionnel canadien n'aient pas tenté de garder Blais derrière les barreaux jusqu'à la fin de sa peine, prévue pour la fin août, compte tenu que l'individu avait un passé violent, qu'il présentait toutes les caractéristiques d'un individu qui allait récidiver et qu'il s'était déjà enfui de sa maison de transition en juin 2009.
«Tous les signes étaient là»
«La Commission est d'opinion que vous présentez un risque de récidive inacceptable pour la société», peut-on lire dans la décision de la CNLC qui a permis à Blais d'être libéré d'office, le 9 avril.
«Il me semble que tous les signes étaient là pour qu'on se pose des questions sur ce gars-là, a exprimé le sénateur. Dès lundi, je vais envoyer une lettre au ministre de la Sécurité publique, Vic Toews, afin qu'une enquête administrative soit ouverte dans cette affaire. Et je suis convaincu que M. Toews sera disposé à m'écouter dans ce dossier. Je veux que les gens et les organisations qui ont permis à cet homme de profiter d'une libération conditionnelle s'expliquent. Le système doit rendre des comptes aux citoyens et non l'inverse.»
En plus d'être un homme violent, Blais était considéré, selon les commissaires de la CNLC, comme un individu ayant des problèmes de santé mentale, une forte dépendance à l'alcool et qui pourrait même être attiré sexuellement par des enfants. Il n'a jamais exprimé d'empathie envers ses victimes alors qu'il était derrière les barreaux et n'a jamais fait d'effort afin de régler ses nombreux problèmes de comportement.













