La police enquête sur la mort insolite d'un cheval

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Un cheval ne peut travailler plus de 15... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Un cheval ne peut travailler plus de 15 heures par jour du 1er octobre au 23 juin. Chaque journée de travail de 15 heures doit être suivie d'une journée de repos. Du 24 juin au 30 septembre, la durée d'une journée de boulot passe à neuf heures, incluant le départ et l'arrivée à l'écurie.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) Décès insolite dans la rue Saint-Vallier lorsqu'un cheval tirant une calèche s'est effondré à la suite d'un malaise, mardi soir. La vétérinaire appelée sur place n'a eu d'autre choix que d'euthanasier l'animal.

L'incident pour le moins rarissime s'est produit vers 23h19, face au 422, Saint-Vallier Ouest, près de la rue Durocher. C'est à ce moment que les services d'urgence ont été appelés pour bloquer la rue entravée par la bête de 1500 livres.

L'animal et son cocher entraient au bercail à la fin de leur journée de travail. La vétérinaire Karen Rodier s'est rendue sur les lieux pour tenter de le soigner. Après quatre heures de tentatives demeurées vaines, elle a été contrainte d'euthanasier celui qui s'appelait Jim. Elle a même dû convaincre le cocher de la nécessité de ce geste.

«Il a vraiment été victime d'un coup de chaleur d'une sévérité que j'avais rarement vu», a-t-elle confié lorsque joint au téléphone par Le Soleil. «Sa température corporelle oscillait entre 40 ºC et 41,5 ºC. Il avait de graves problèmes de régime cardiaque. Peut-être que le coup de chaleur est aussi dû à une pathologie sous-jacente», a-t-elle indiqué. Une autopsie sera pratiquée pour y voir plus clair.

Yves Paquet, des Calèches de la Nouvelle-France, travaille avec le propriétaire du cheval. Selon lui, le guide touristique sur quatre pattes aurait été victime d'une crise cardiaque. Au moment de l'accident, il retournait à l'écurie située dans la rue des Ingénieurs.

«En 15 ans de calèche, je n'ai jamais vu ça. C'est sûr que c'est spectaculaire, mais ça peut arriver», lance-t-il, écartant du revers de la main que le surmenage pourrait expliquer cette mort.

«Ça faisait deux ans qu'il faisait ça. Il avait 10 ou 12 ans. À quelque part, c'est un deuil pour nous parce que c'est de plus en plus difficile de trouver de bons chevaux», ajoute le caléchier.

Éclaircir les causes

La police de Québec prend l'affaire au sérieux. D'autant plus qu'elle a dans ses rangs un patrouilleur touristique. Ce policier veille à ce que les caléchiers respectent la réglementation en vigueur dans leur industrie.

«Il vérifie les permis d'exploitation, regarde si l'équipement est conforme et si les cochers respectent le Code de la sécurité routière», explique l'agente Sandra Dion.

Mais un autre de ses mandats consiste à s'assurer que les chevaux sont bien traités. À cet effet, les bêtes sont munies d'une puce sous la peau qui contient le numéro de série du cheval et le nom du propriétaire. Le patrouilleur possède un scanner qui lui permet d'identifier l'animal à différentes heures du jour, et ainsi éviter qu'il travaille au-delà du nombre d'heures prescrit dans la réglementation.

Par exemple, celui-ci spécifie qu'un cheval ne peut travailler plus de 15 heures par jour du 1er octobre au 23 juin.

Chaque journée de travail de 15 heures doit être suivie d'une journée de repos. Du 24 juin au 30 septembre, la durée d'une journée de boulot passe à neuf heures, y compris le départ et l'arrivée à l'écurie.

Le patrouilleur spécialisé s'assure aussi des conditions météo. «Si la température dépasse 32 ºC ou 42 ºC avec le facteur humidex, les cochers n'ont pas le droit de sortir leur cheval. Par exemple, du 5 au 17 juillet, les opérations ont dû être arrêtées pendant 10 jours consécutifs», souligne Mme Dion.

L'enquête de la police permettra de déterminer si toutes les règles ont été respectées. Dans le cas contraire, le caléchier pourrait se voir remettre une amende de 628 $ en vertu de la réglementation municipale ou pourrait même être accusé au criminel en cas de négligence extrême.

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