Hydravion porté disparu: «il a mal calculé son affaire»

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Michel Vachon aurait quitté Manic-1 vers 19h15 jeudi.... (Photo fournie par Michel Paré)

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Michel Vachon aurait quitté Manic-1 vers 19h15 jeudi.

Photo fournie par Michel Paré

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Les Bergeronnes) Des amis du pilote du Cessna 180K, Michel Vachon, estiment qu'il n'aurait pas dû entreprendre son voyage reliant Manic-1, à Baie-Comeau, au lac des Sables, dans la municipalité des Bergeronnes.

Toutes les conditions étaient réunies : le mauvais temps, la noirceur et la radio de l'hydravion ne fonctionnant pas convenablement. Le pilote de 54 ans de Québec et le propriétaire de la Pourvoirie du lac des Sables et Paradis, Jacques Deschênes, manquaient toujours à l'appel au moment de mettre sous presse, hier soir.

MM. Deschênes et Vachon avaient passé quelques jours à la chasse au caribou, dans le secteur de Schefferville, dans le Nord-du-Québec, en compagnie de trois autres chasseurs, dont le pilote et ami des deux disparus, Pascal Hovington.

Au cours de la journée de jeudi, les cinq chasseurs sont repartis du camp de chasse pour se diriger vers la Côte-Nord, à bord de deux appareils.

La destination de M. Hovington et de ses deux accompagnateurs était sa pourvoirie du lac des Baies, à une trentaine de kilomètres au nord de Tadoussac, alors que MM. Vachon et Deschênes devaient se rendre à la pourvoirie de ce dernier, à la municipalité des Bergeronnes. Le pilote de Québec devait passer la nuit chez M. Deschênes, avant de revenir au lac Sept-Îles, près de Saint-Raymond, au cours de la journée de vendredi.

Le voyage de retour n'a pas été de tout repos, puisque les pilotes ont dû composer avec des épisodes de brouillard, de la pluie et des mauvaises conditions climatiques. «Nous avons chacun dû amerrir sur des lacs à deux reprises en raison de la mauvaise météo, raconte M. Hovington. Et quand nous avons fait le plein de carburant à Fermont, Michel [Vachon] m'a dit qu'il me parlait sur sa radio, mais que je ne lui répondais pas. Nous avons donc compris que sa radio ne pouvait plus émettre, mais qu'il pouvait m'entendre.»

Durant leur voyage vers Manic-1, les deux appareils se sont perdus de vue à quelques reprises, raconte M. Hovington, et celui-ci a pris beaucoup d'avance sur M. Vachon, sans le savoir. M. Hovington est parti de son point de ravitaillement de Manic-1 vers 18h15, pour amerrir à sa pourvoirie environ une heure plus tard.

Durant son dernier trajet, M. Hovington indique que les conditions climatiques étaient respectables. Par contre, il savait qu'une heure plus tard, la visibilité deviendrait très difficile en raison de la noirceur et de l'apparition éventuelle de brouillard. MM. Vachon et Deschênes auraient quitté Manic-1 aux alentours de 19h15, selon les renseignements détenus par M. Hovington.

«Mon grand chum qui travaille à Manic-1 chez Air Saguenay leur a dit de ne pas partir en raison des conditions climatiques et de la noirceur, raconte M. Hovington. Ils l'ont quand même fait, et je ne comprends pas. Michel Vachon est un pilote très prudent. Il savait bien qu'au cours du trajet, la visibilité deviendrait difficile, parce qu'il ferait très noir dehors. Je ne sais pas ce qui s'est produit à Manic-1 pour qu'il décide de partir quand même.»

MM. Vachon et Deschênes ne se connaissaient pas au début du voyage de chasse, souligne M. Hovington. Le pilote de 54 ans avait dû faire changer quelques pièces sur l'appareil, soit le démarreur et les tuyaux d'échappement, une journée avant de cueillir M. Deschênes à sa pourvoirie, samedi de la fin de semaine dernière.

Le copropriétaire de l'appareil toujours manquant, Michel Paré, qui habite aussi à Québec, admet aussi que son grand ami a été imprudent lors du dernier droit du retour. «Il est parti trop tard de Manic-1», admet M. Paré, qui venait de se procurer l'hydravion avec son ami au mois de mai dernier. «Il a mal calculé son affaire. Je ne comprends vraiment pas, car Michel est très prudent quand il pilote.»

Proches sous le choc

Les proches et amis de M. Deschênes étaient sous le choc, quand Le Soleil s'est rendu au domicile de l'homme de 54 ans et à sa pourvoirie, hier après-midi.

«On est dans l'incertitude», a indiqué un proche de M. Deschênes qui n'a pas voulu s'identifier. «On espère toujours des bonnes nouvelles. Mais pour le moment, on ne sait pas quoi penser.»

Même son de cloche chez un ami de M. Deschênes, Pierre Perreault. «C'est dur à prendre. Jacques est un grand ami. Un grand chum de confiance.»


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