Cochers hués dans une manif à la mémoire de Jim le cheval

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Des manifestants ont dénoncé ce qu'ils considèrent comme de l'exploitation de chevaux, samedi, à Québec, en rappelant qu'un cheval est mort en pleine rue, plus tôt cet été.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Gerbes de fleurs à la main, une quarantaine de militants pour les droits des animaux se sont rassemblés samedi midi au parc de l'Esplanade à la mémoire du cheval Jim, mort en pleine rue le 28 juillet, et pour protester contre l'industrie des calèches qu'ils considèrent comme de l'exploitation des chevaux.

Chaque cocher qui rentrait au bercail ou passait devant le rassemblement avec son cheval et sa calèche avait donc droit aux huées et aux «non aux calèches!» lancés par les manifestants, qui s'étaient réunis à l'initiative de l'organisme Québec Animaux. Les passagers des calèches, eux, montraient parfois une expression amusée ou intriguée face à la situation.

«Même si les lois sont sévères à Québec concernant les chevaux de calèches, nous croyons qu'elles ne sont pas respectées. Mercredi soir, les calèches circulaient à Québec alors qu'il faisait 34 degrés le soir, même si c'est supposé être interdit par période de canicule», dénonce Chantal Rondeau, présidente de Québec Animaux.

Plusieurs manifestants portaient des pancartes associant le travail des chevaux de calèche à de l'esclavage. «Je suis très fâchée que le conseiller municipal François Picard ait comparé le travail des chevaux à celui d'un paysagiste qui travaille 15 heures par jour à la chaleur. Les chevaux, eux, n'ont pas le choix de travailler. Il faut arrêter de fermer les yeux.» Mme Rondeau souhaiterait voir disparaître l'industrie des calèches ou, à tout le moins, que les lois soient resserrées et mieux appliquées.

Pour les cochers rencontrés sur place, les manifestants étaient mal informés et ne connaissaient pas leur industrie. «Ils disent qu'on ne fait pas boire les chevaux, mais, pourtant, il y a quatre fontaines sur notre parcours. Les chevaux les connaissent et y vont quand ils ont soif. Il y a aussi une vétérinaire qui s'assure qu'ils sont en santé», explique Guillaume Brière, qui pratique son métier depuis 14 ans pour l'entreprise Calèches de la Nouvelle-France.

Ignorance

«Ce qui est dommage, notamment avec l'intervention du comédien Gilles Latulippe, c'est qu'il racontait que les chevaux ne disposaient pas d'auvents pour se protéger du soleil alors que vous pouvez voir qu'il y en a ici», enchaîne-t-il. «Les gens sont ignorants», ajoute Félix Nadeau, cocher depuis 11 ans. «Il y a toujours eu du monde qui n'aimait pas les calèches, mais c'est pire depuis le décès de Jim. On se fait insulter plus souvent.»

«C'est dommage qu'il soit mort en pleine rue, mais ce n'est vraiment pas commun», a repris M. Brière, qui avait déjà attelé Jim à l'une de ses calèches et le considérait comme un cheval difficile à diriger.

 

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