En 2001, un ingénieur avait sonné l'alarme en déposant un rapport accablant sur l'état de la structure de l'église de la rue Arago, dans Saint-Sauveur.
Les murs montraient des signes évidents de faiblesse, laissant craindre un effondrement du toit. Un projet avait bien tenté de sauver l'édifice des pics des démolisseurs, mais les promoteurs d'une reconversion en centre artistique n'avaient pas réussi à trouver les 6 à 7 millions $ nécessaires à la remise en état de l'immeuble.
Vendredi, Québec donnait le feu vert à la démolition qui doit débuter «d'ici les Fêtes», confirme un responsable du dossier, Alain Marcoux, coordonnateur du Groupe de ressources techniques. Les travaux s'étaleront sur deux mois en raison de l'exiguïté des lieux et de la nécessité de décontaminer l'endroit. En effet, les murs de l'église construite en 1925 avaient été isolés à l'amiante et une vieille fournaise qui chauffait l'édifice a fui, des hydrocarbures se répandant dans le sol.
Les 500 000 $ nécessaires pour la seule démolition témoignent de la complexité du travail.
Une fois l'église disparue, la construction des deux coopératives doit aussitôt débuter. Celles-ci formeront un «U» dans lequel sera aménagée une cour intérieure, selon les plans consultés par Le Soleil. Un deuxième immeuble, de neuf logements, sera érigé dans le stationnement de l'église, situé tout juste de l'autre côté de la rue Colbert.
Hautes de trois étages, les coopératives seront construites en forme d'escalier pour épouser la pente dans laquelle elles s'implantent. La moitié des 49 logements à construire accueillera des personnes seules ou des couples ayant des revenus annuels inférieurs à 23 000 $. L'autre moitié des logements accueillera des familles à revenus modestes ou moyens, soit de moins de 50 000 $. La majorité de ces ménages a toutefois un revenu entre 25 000 $ et 30 000 $, rapporte M. Marcoux.
Avant d'être définitivement condamnée en 2001, l'église avait cessé d'accueillir des cérémonies religieuses en 1997 lors de la fusion des paroisses Saint-Sauveur et Notre-Dame-de-Grâce. Fermé au culte, l'immeuble construit en 1925 avait entre-temps continué à servir de salle communautaire.











