Le maire Régis Labeaume a préféré ne pas commenter jeudi la formation d'un groupe pour construire un nouvel amphithéâtre majeur à Québec afin de remplacer un Colisée vieillissant. Reste que celui-ci s'est toujours dit par le passé en accord avec un tel projet si les promoteurs étaient prêts à sortir de leur poche un tiers du coût du projet. Le maire a d'ailleurs souvent cité en exemple le cas du MTS Centre de Winnipeg dont la construction avait ainsi été financée.
Dans une récente entrevue à La Presse, M. Labeaume s'était toutefois montré peu optimiste devant les commandites privées pour financer la venue d'une équipe de hockey dans la capitale. «Québec n'a jamais eu de problèmes économiques, mais ce n'est pas une ville de riches. Seize mille dollars pour une paire de billets de saison comme au Centre Bell, c'est de l'argent. Les compagnies perdent connaissance quand tu leur demandes 5000 $...»
Reste à savoir si le comité mis sur pied pour un nouveau Colisée lui donnera tort.
>> Guy Bertrand irrité
L'avocat Guy Bertrand, qui est impliqué dans un projet visant à doter Québec d'un nouvel amphithéâtre et d'une équipe de la LNH, est visiblement irrité de voir un autre groupe se lancer dans la course afin de construire un nouveau Colisée.
«On ne peut pas empêcher des gens de penser qu'ils sont meilleurs que d'autres», a-t-il commenté, lorsque joint à son domicile. Malgré cette tentative du groupe de Mario Bédard, Me Bertrand a lancé que son clan, qui regroupe plusieurs investisseurs étrangers toujours inconnus du grand public, sera en mesure de livrer la marchandise bien avant celui de M. Bédard.
«Il y a des gens de ce groupe qui vont se joindre à nous un jour quand nous aurons réussi», a-t-il avancé. Malgré l'insistance du journaliste pour connaître les détails du projet mené par Me Bertrand, ce dernier a refusé de révéler quoi que ce soit, se disant lié par une entente de confidentialité.
>> Mark Charest e réjouit de l'engouement
Même s'il pilote le projet de construction du Centre Nordik à Saint-Augustin-de-Desmaures, l'homme d'affaires Mark Charest est content de voir l'engouement prendre de l'ampleur dans la région de Québec pour un nouvel amphithéâtre avec l'arrivée dans le portrait du groupe de M. Bédard.
«Il y a une mobilisation claire pour un nouveau Colisée, et c'est une excellente nouvelle», a-t-il indiqué, lors d'une courte entrevue téléphonique. Par contre, M. Charest estime que le mode de financement privilégié par le groupe de Mario Bédard pourrait connaître quelques ratés.
«Amasser 50 millions de dollars parmi la population, ça peut prendre plusieurs années, avance-t-il. Nous avions étudié ce mode de financement il y a trois ans, mais après réflexion, nous en sommes venus à la conclusion que le meilleur moyen d'avancer était le recours à un partenariat public-privé (PPP) pour mettre le projet sur pied.»
>> Michel Brazeau: un mode de financement «farfelu»
Le promoteur de spectacles Michel Brazeau avance que le mode de financement proposé par le groupe de Mario Bédard pour regrouper la somme de 50 millions $ est littéralement «farfelu».
«Pensez-vous qu'il y a 10 000 personnes à Québec qui ont les moyens de dépenser 5000 $ pour se réserver un siège dans un nouveau Colisée? a lancé M. Brazeau. Et après ça, tu dois payer encore pour avoir tes billets de spectacle ou de hockey? Je leur souhaite bonne chance, c'est une belle initiative de leur part, mais je ne crois pas du tout à leur projet.»
>> Jacques Tanguay achètera des sièges
Le propriétaire des Remparts de Québec, Jacques Tanguay, ne croit pas qu'il investira de son temps dans le projet de Mario Bédard. Par contre, ce dernier peut être certain que M. Tanguay va débloquer une somme d'argent dans l'aventure en se procurant un nombre toujours indéterminé de sièges dans l'amphithéâtre de quelque 20 000 places.
«Je ne connais pas du tout le projet de Mario, mais je trouve qu'ils ont eu une excellente idée avec la vente de sièges, a indiqué l'homme d'affaires. (...) Ainsi, ils auront une bonne idée du pouls de la population pour ce projet. Les gens pourront poser un geste concret afin de doter Québec d'une telle infrastructure.»












