M. Muhleman et sa firme Private Sports Consulting ont réalisé plusieurs projets du genre au fil des années, à commencer par le Bank of America Stadium, domicile des Panthers de la Caroline de la NFL, dont la construction a commencé en 1993.
«À mon avis, la liste de prix conviendrait davantage s'il y avait déjà une équipe professionnelle dans le décor», explique
M. Muhleman, joint à son domicile de Charlotte, en Caroline du Nord, après avoir été informé des prix demandés par le groupe Bédard, soit 1500 $ pour les droits sur un siège dans les balcons, 3000 $ dans les mezzanines et 5000 $ dans les loges.
Prix élevés
«Dans la plupart des marchés, ces prix seraient considérés comme élevés seulement pour avoir le droit d'assister à des concerts. C'est du niveau des prix que demandent les équipes sportives pour les droits sur un siège, mais il n'y a pas d'équipe!» poursuit-il.
Il ajoute qu'il n'y a, à sa connaissance, aucun amphithéâtre en Amérique qui ait été construit en utilisant le système qu'il a mis en place sans la présence d'une équipe de sport majeur ou la possibilité sérieuse d'obtenir une équipe d'expansion.
«Le problème avec les concerts, c'est qu'une personne qui aime le rock'n'roll n'aimera pas nécessairement la musique classique ou qu'une autre qui aime le rap n'aimera pas nécessairement la musique country! Bref, posséder les droits sur un siège pour chaque concert présenté dans un amphithéâtre signifie probablement que 25 % des spectacles n'intéresseront pas l'acheteur!» résume M. Muhleman.
L'homme d'affaires se refuse toutefois à dire que le projet d'un nouveau Colisée à Québec serait impossible à réaliser de cette façon.
«Je ne dis pas que ça ne peut être fait. Tout dépend de la passion des amateurs à faire de leur ville une candidate sérieuse à l'obtention d'une équipe de la LNH. Le travail des promoteurs serait de beaucoup facilité si la LNH annonçait qu'il y aura une expansion et que Québec sera considérée si elle se dote d'un aréna moderne.»
Étude de marché
M. Muhleman insiste également sur l'importance d'une bonne étude de marché avant de fixer un prix sur les droits pour un siège. «Il faut faire une étude, sinon on lance des chiffres à l'aveuglette et le danger d'agir ainsi, c'est de sous-
évaluer certains sièges et de demander trop cher pour d'autres.»«Il faut évaluer le marché en parlant aux entreprises et aux amateurs. On ne lance pas une telle campagne de financement en fonction du montant dont on a besoin. Il faut le faire en fonction de ce que le marché peut nous apporter, ce qui correspond généralement au tiers ou au quart du coût de l'édifice», conclut-il.


















