Itinérance: moins visible, bien présente

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Itinérance: moins visible, bien présente

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Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Dans son mémoire que les conseillers municipaux Raymond Dion et Denise Trudel présenteront demain devant la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale, la Ville de Québec évalue à 250 le nombre de personnes qui ont besoin d'être logées à Québec au plus dur de l'hiver.

Cette évaluation du nombre d'itinérants dans la capitale se base sur diverses sources d'information, dont une étude réalisée en novembre 2006 par la Direction régionale de santé publique de la Capitale-Nationale et le département de médecine sociale préventive de l'Université Laval.

«Le problème n'est peut-être pas aussi visible qu'à Montréal ou Toronto, mais il est présent. Plusieurs personnes qui résident à Lauberivière ou dans d'autres ressources du genre devraient dormir dans la rue si ces organismes n'existaient pas. D'ailleurs, c'est en partie avec les données fournies par ces ressources que nous avons établi le nombre d'itinérants à 250», explique Raymond Dion.

Logements rares

En plus des 250 sans-abri, la Ville évalue également que 750 autres personnes devaient aussi être soutenues dans leurs autres besoins quotidiens même si elles disposent d'un toit en raison de leur condition de défavorisation extrême.

Un dénombrement réalisé en 1996 pour la Ville de Québec signalait également que plus de 11 000 personnes différentes avaient fréquenté les ressources d'hébergement, les soupes populaires et les centres de jour et que 3600 personnes s'étaient retrouvées sans domicile fixe au cours de l'année.

«Évidemment, le taux d'inoccupation des logements, qui tourne autour de 1 % à Québec, contribue à cette situation. Beaucoup de sans-abri habitaient autrefois dans des maisons de chambres et plusieurs d'entre elles ont été transformées en appartements car les propriétaires déploraient leur aspect moins sécuritaire et moins lucratif», poursuit M. Dion.

Pas assez de HLM

Citant les chiffres de l'Office municipal d'habitation de Québec, la Ville précise aussi qu'elle est en fait, avec ses 9158 logements sociaux, le plus grand gestionnaire de logements sociaux au Québec après Montréal.

La quantité de logements sociaux disponibles serait toutefois insuffisante dans la capitale. En effet, chaque année, seulement 470 HLM seraient disponibles à la location alors que, bon an mal an, 1600 demandeurs sont en attente d'un logement de l'OMHQ.

«Il ne s'est pas construit de nouveau HLM à Québec depuis 1995 à cause du désengagement du fédéral dans le logement social. Nous souhaiterions que ça change et que le gouvernement augmente aussi sa contribution aux ressources comme la Maison Dauphine ou Lauberivière», poursuit Raymond Dion.

Se réjouissant de la reconduction du Programme d'initiative de partenariats de lutte à l'itinérance (IPLI) par le gouvernement fédéral, la Ville de Québec souligne également qu'elle aurait apprécié une bonification de l'enveloppe annuelle de 18,6 millions $ pour le Québec, pour les cinq prochaines années.

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