Itinérance: un phénomène méconnu à Québec

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Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Parce qu'il est moins visible que dans les grandes métropoles, le phénomène de l'itinérance est encore méconnu à Québec, estime le Regroupement pour l'aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ).

Nathalie Brisseau, coordonnatrice de l'organisme, a d'ailleurs vivement réagi cette semaine aux propos de Jacques Fillion, directeur général adjoint de l'Agence de santé et des services sociaux de la Capitale-Nationale, qui a déclaré à Radio-Canada qu'il n'y avait pas, à Québec, d'itinérants qui dorment dans la rue.

«Il s'agit d'une méconnaissance de la réalité de l'itinérance à Québec. Plusieurs groupes en travail de rue ou en réduction des méfaits sont d'ailleurs prêts à offrir à M. Fillion la possibilité de suivre les intervenants pendant leurs tournées de nuit», indique Mme Brisseau dans un communiqué de presse, concédant toutefois que la visibilité des itinérants à Québec est moins présente qu'à Montréal.

Ces propos trouvent écho du côté du conseiller municipal Raymond Dion, qui présentera demain avec sa consoeur Denise Trudel le mémoire de la Ville de Québec à la consultation sur le phénomène de l'itinérance au Québec devant la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale.

«Ce n'est pas parce qu'on ne les voit pas qu'il n'y a pas de problématique! Ici, c'est très différent de Montréal, où on peut constater plus facilement l'ampleur du problème. Mais je suis convaincu que les policiers de Québec peuvent voir la situation dans certains parcs», explique M. Dion.

Manque de données

Nathalie Brisseau, dont l'organisme présentera aussi un mémoire sur l'itinérance demain à l'Assemblée nationale, estime que le manque de données quantitatives et qualitatives actualisées pour illustrer le portrait de l'itinérance au Québec ne doit pas en occulter la réalité.

«En novembre 1998, à la parution des premiers résultats du recensement de Santé Québec, il apparaissait déjà qu'en proportion du nombre d'habitants dans chaque ville, Québec comptait autant de sans-abri que Montréal», explique-t-elle.

Mme Brisseau ajoute également que les itinérants sont maintenant davantage éparpillés sur le territoire de Québec, une situation qu'elle attribue à la revitalisation des quartiers centraux et aux pratiques policières discriminatoires. 

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