La cérémonie d'adieu, qui s'est déroulée tout à côté, sur le terrain de l'édifice BMO, avait été organisée par la coalition Héritage Québec et sa présidente, Anne Guérette, architecte et conseillère municipale indépendante du district de Montcalm. Mme Guérette et Héritage Québec avait tout tenté, l'an dernier, pour éviter la démolition de la chapelle, mais la Commission d'urbanisme de la Ville a tout de même émis un permis, en septembre 2007. Il faut dire que l'édifice, datant de 1896, n'a pas de valeur patrimoniale officielle. La chapelle des soeurs franciscaines missionnaires de Marie est abandonnée depuis 1987 et sa détérioration rend toute intégration à un nouveau bâtiment impossible.
La courte cérémonie, présidée par le père Yvon Migneault, a donné l'occasion à Anne Guérette de faire un plaidoyer pour la sauvegarde du patrimoine architectural. «À chaque fois que disparaît un élément patrimonial comme celui-là, je me demande si on va enfin se réveiller et mettre fin à cette vision à court terme.» Mme Guérette accuse également les décideurs de bien souvent faire preuve de «façadisme», de tenter de sauver les apparences tout en laissant se perdre des éléments du patrimoine urbain. Elle cite comme exemple l'église Saint-Vincent-de-Paul, dont la façade a été sauvée in extremis.
Justement, la façade et la partie avant du 388, Grande Allée seront conservées, de même que le clocher. La partie arrière, comprenant la chapelle, est quant à elle trop abîmée et devra être démolie. L'architecte du nouveau projet résidentiel qui y sera construit, Pierre Martin, de la firme Gerpatec, était sur place et déplore lui aussi la démolition. Mais après plus de 20 ans d'abandon, il ne voit pas d'autres solutions. «Ce n'est pas de gaieté de coeur qu'on démolit, mais la chapelle est irrécupérable et même dangereuse.»
Quelques religieuses ont assisté à la cérémonie, discrètes parmi les autres citoyens. Soeur Mariette Gagnon, qui a fait son noviciat à cet endroit, n'a pu retenir quelques larmes quand la cloche a retenti, sûrement pour la dernière fois. Soeur Liliane Rancourt, qui l'accompagnait, avait également un visage qui en disait long sur sa tristesse de voir s'éteindre une partie du patrimoine religieux de Québec.
Pour Anne Guérette, la prochaine bataille concerne le couvent des Dominicains, aussi sur Grande Allée, qu'on veut raser pour agrandir le Musée national des beaux-arts du Québec. «Je ne suis pas contre toute démolition, mais pourquoi est-ce toujours la première alternative qui est présentée lors de l'élaboration d'un projet?»
Projet domiciliaire
Quant au nouveau projet domiciliaire qui sera érigé sur les ruines de la chapelle des Franciscaines, il comprendra une centaine de condos, dans la première phase d'un complexe qui comptera environ 280 unités. Les plans du projet, propriété de Michel Cadrin et de son associé Michel Boutin, sont sur le point d'être terminés et la construction devrait débuter au printemps prochain.









