Agrandissement de l'Hôtel-Dieu: une facture de 735M$... minimum

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Agrandissement de l\'Hôtel-Dieu: une facture de 735M$... minimum

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La construction d'un nouveau bâtiment de 11 étages (trois en sous-terrain) en façade de la côte du Palais est l'un des futurs projets.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

François Bourque
Le Soleil

(Québec) Le projet d'agrandissement et de modernisation de l'Hôtel-Dieu de Québec coûtera au moins 735 millions $, soit 100 millions $ de plus que les chiffres rendus publics l'été dernier.

Explication : les coûts du mobilier et des équipements n'étaient pas inclus lors de l'annonce par le ministre de la Santé, Yves Bolduc.Il ne s'agit encore que d'un «ordre de grandeur», car le coût exact ne sera connu qu'en 2010, lorsque le gouvernement ouvrira les soumissions des entreprises intéressées à réaliser le projet en PPP.

Depuis 2005, les coûts du projet de l'Hôtel-Dieu ont bondi de 175 M $ à 735 M $, sans qu'une seule pelletée de terre ou coup de marteau n'ait été donné.

Un bond inquiétant qui rappelle le projet hospitalier du CHUM à Montréal, dont la facture est passée de 1,1 milliard $ à 1,7 milliard $ depuis 2005.

Malgré les apparences, rien ne permet cependant de croire que le projet de l'Hôtel-Dieu est hors de contrôle. Du moins pas encore.

L'écart entre les coûts de 2005 et ceux de l'été 2008 est important, mais il y a des explications :

1- les premières évaluations étaient théoriques et ne tenaient pas compte des particularités de l'Hôtel-Dieu ni des coûts suivants : taxes, inflation, frais professionnels, contingences, équipements, mobilier, gestion de risque. Personne n'a jamais pensé que le projet pouvait être réalisé pour 175 M $, même si ce chiffre avait circulé;

2- les plus récentes évaluations tiennent comptent désormais de tous les coûts, y compris de la gestion des «risques externes» au projet.

On a imaginé un scénario du pire dans lequel tout se mettrait à mal aller : grève dans la construction, retards politiques, changements d'orientation, découvertes archéologiques imprévues, etc.

Ces «risques externes» ne peuvent être ignorés, car ils pourraient provoquer un dépassement de coûts de 50 %, croit l'Agence gouvernementale des Partenariats public-privé (PPP).

Elle s'appuie en cela sur l'expérience de grands projets semblables menés en Ontario, en Australie et au Royaume-Uni.

Pour éviter le pire

Pour éviter ce scénario du pire, le gouvernement du Québec souhaite confier la gestion du projet de l'Hôtel-Dieu à un consortium privé.

La formule de PPP est la suivante : le consortium s'engage par contrat à financer les travaux, à les livrer à la date et au prix convenus, puis à entretenir l'hôpital pendant 30 ans.

Le gouvernement ne commence à rembourser que lorsque les travaux sont complétés, ou selon un calendrier à convenir.

S'il y avait des dépassements de coûts ou des vices de construction, c'est le consortium qui devrait les assumer.

100 M $ pour le consortium privé

En échange, le gouvernement s'engage à payer au consortium un montant plus élevé que les coûts de base du projet. On parle ici d'un supplément de 100 millions $.

Si le consortium réalise les travaux pour moins cher que les estimés et évite les mauvaises surprises, il est gagnant et réalise des profits.

Si, au contraire, le consortium se heurte au scénario du pire et que les coûts explosent, c'est le gouvernement et le public qui sont gagnants.

En autant que le consortium ait les reins assez solides pour tenir le coup et ne s'engage pas dans une bataille juridique pour changer les règles, comme cela vient de se produire avec le PPP de l'église St. James à Montréal.

Le ministre Bolduc a parlé l'été dernier d'une économie possible de 115 millions $ grâce au PPP de l'Hôtel-Dieu. La réalité est qu'il ne s'agit pour le moment que d'une hypothèse qui repose sur le fait que tout ira mal.

Budgets respectés

Or il arrive aussi que les choses se passent bien. Le Centre de recherche en oncologie de l'Hôtel-Dieu, voisin de l'hôpital, a été récemment construit à 3 % près de l'estimé initial.

L'urgence de l'hôpital Saint-François D'Assise vient d'être rénovée pour moins cher que prévu.

Ces projets n'ont pas l'ampleur ni la complexité de celui d'agrandissement de l'Hôtel-Dieu.

Sauf que le gestionnaire Gilles Landry, qui est derrière les trois projets, a fait la démonstration qu'une gestion publique en mode traditionnel peut aussi respecter un budget.

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