Labeaume veut faire du quartier Saint-Roch le Soho de Québec

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Labeaume veut faire du quartier Saint-Roch le Soho de Québec

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Pointe-aux-Lièvres, dont la décontamination partielle s'achève, sera un secteur important pour l'avenir de Saint-Roch selon le maire Labeaume.

Le Soleil, Steve Deschênes

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Alors que s'achève ces jours-ci la décontamination partielle de la Pointe-aux-Lièvres, le maire Régis Labeaume veut prendre en main le développement du dernier secteur encore vacant au centre-ville. Une occasion qu'il juge en or «de faire de Saint-Roch le Soho de Québec».

Dans une récente entrevue au Soleil, le maire a lié la relance du centre-ville au redéveloppement de ce terrain vaste comme l'anneau sur les plaines d'Abraham. Marchant dans les traces de l'un de ses prédécesseurs, Régis Labeaume dit vouloir poursuivre le travail en s'inspirant de la renaissance du célèbre quartier Soho de Londres, qui a troqué l'industrie du sexe pour celle du divertissement. «Jean-Paul (L'Allier) a investi dans le bâtiment et c'est ce qu'il fallait faire. Maintenant, moi, j'arrive, et il faut l'animer. C'est l'autre phase», résume-t-il.

En février, Régis Labeaume profitera du sommet Québec horizon culture ? présidé par l'artiste Robert Lepage ? pour annoncer un important projet pour la relève artistique. «On veut faire un Première ovation à la force 10», s'enthousiasme le maire en référence au programme de 300 000 $ destiné aux jeunes talents lancé début 2008.

En combinant ce projet à l'École du divertissement interactif lancée en août et la Rock School ? école de musique ? à l'Impérial qui doit être annoncée jeudi, toutes les cartes sont en place pour faire de Saint-Roch le quartier «techno-culturel» de Québec, résume le maire. «On veut qu'un jeune se dise que, s'il veut être connu, il doit aller à Québec.»

Après «le gars de Brossard» pour le 400e, Régis Labeaume veut attirer «le gars et la fille qui se sont rencontrés à la Polytechnique, qui ont une maîtrise, entre 25 et 35 ans, un ou deux enfants, bilingues».

Le maire souhaite que ces jeunes «capables de travailler n'importe où dans le monde» choisissent Québec.

 «Lorsqu'ils auront visité la promenade Samuel-De Champlain, ils vont avoir le goût de rester. Quand ils vont aller dans Saint-Roch, ils vont avoir le goût de vivre ici», soutient-il.

D'où l'intérêt de bien penser le développement du secteur de la Pointe-aux-Lièvres, ce lopin de terre lové dans le creux d'un bras de la rivière Saint-Charles. Alors que prennent fin les travaux de décontamination entrepris en 2005, le maire a récemment mis sur la glace le projet de quartier résidentiel avec lequel la Ville jongle depuis une quinzaine d'années.

«C'est un coin exceptionnel du centre-ville. Ça peut être plus fou que ce qu'on pense ici, dit-il. Je veux avoir le temps d'y penser. Je veux faire partie de la réflexion.»

Le maire songe toujours à une vocation résidentielle, mais la contamination du sol laissée par des décennies d'activité industrielle faciliterait davantage l'implantation d'immeubles commerciaux. Ces trois dernières années, la Ville et le ministère de l'Environnement ont décontaminé un cinquième de ces 10 hectares, pour une facture de 3,8 millions $. Et encore, pour limiter les coûts, une partie du secteur a seulement été couverte d'une couche d'un mètre de terre neuve et d'un stationnement. Bref, pas question d'ériger des logements au-dessus de ces sols toujours contaminés.

La Ville finance une campagne de pub

Devant une lente et fragile relance du quartier Saint-Roch, la Ville de Québec accepte de financer une campagne de publicité pour faire la promotion du secteur. L'administration Labeaume a débloqué mercredi 50 000 $ à la Société de développement commercial (SDC) du centre-ville pour faire la promotion de la rue Saint-Joseph. La Ville dit vouloir aider à «modifier certaines perceptions négatives et promouvoir le dynamisme du quartier».

Déjà 26 commerçants ont accepté de verser chacun 2500 $ pour contribuer à cette campagne évaluée à 115 000 $. Celle-ci devrait être lancée d'ici juillet prochain. Le responsable de la SDC, Stéphane Sabourin, s'est évidemment réjoui du coup de pouce de la Ville, y voyant «un geste fort à l'égard du quartier et de son importance».

La rue Saint-Joseph traverse une période difficile avec la fermeture de trois commerces au cours des dernières semaines, le marchand de meubles Villa étant la dernière victime en liste. Le taux d'inoccupation varie de 10 % à 20 % selon les sections de la rue.

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