Régis Labeaume a profité de son passage devant la Chambre de commerce de Québec mardi midi pour présenter sa «vision à long terme» pour la ville dans un long discours à saveur électorale. À 10 mois du scrutin municipal, il met de l'avant un «ambitieux plan sur 15 ans» qui va bien au-delà du prochain mandat.
Est-ce à dire qu'il envisage de rester à la tête de Québec jusqu'à son 68e anniversaire, en 2025? «Ça, c'est moins sûr, je prépare la relève», a-t-il laissé tomber en point de presse.
La pièce maîtresse du plan Labeaume consiste à remplacer en 15 ans la totalité des infrastructures vieillissantes de la capitale, un projet de 4,5 milliards $ à lui seul. Pour tout remettre à neuf, Québec devrait ainsi refaire en moyenne chaque année pas moins de 148 km de rues, 77 km de trottoirs, 151 km d'aqueduc et 255 km d'égouts. Les automobilistes allergiques aux cônes orange devront se faire une raison puisqu'ils sont loin d'être au bout de leurs peines.
Moins de 24 heures après avoir annoncé vouloir «pelleter en avant» le déficit dans les fonds de retraite des employés municipaux, M. Labeaume dit maintenant refuser de refiler la facture du remplacement des infrastructures «à nos enfants». «Une rue en mauvais état déprécie nos propriétés. Trop d'infrastructures en mauvais état déprécient toute une ville.»
Des projets
Reste que «remplacer les infrastructures n'est pas suffisant», admet-il. «Si on veut que la ville se développe, il faut changer les tuyaux, mais aussi créer des nouveaux projets en culture et en sports», prévient M. Labeaume. Pour ce faire, il envisage de débloquer encore sur 15 ans la bagatelle de 2,5 milliards $ pour ce qu'il appelle «de nouvelles initiatives».
«Nous nous donnerons les moyens pour réaliser certains de nos rêves. Qui a dit que nous ne pouvions pas investir dans un nouvel amphithéâtre ou dans un stade de football ou de soccer professionnel?
«Je ne veux plus être identifié à la Vieille Capitale», a lancé le maire aux 500 entrepreneurs réunis, disant vouloir en faire «l'Expérience Québec».
Évidemment, qui dit dépenses dit revenus. Afin de financer son plan, le maire propose d'augmenter la dette pour que son remboursement atteigne d'ici deux ans 20% du budget. «Un niveau très correct, très vivable», estime-t-il. Le service de la dette représente présentement 17 %, l'un des plus faibles parmi les grandes villes québécoises.
Régis Labeaume tourne également son attention vers Ottawa et Québec pour obtenir un coup de pouce pour financer son plan. Au gouvernement fédéral, il demande toujours un renversement de la décision du ministre Jean-Pierre Blackburn de couper les vivres à des organismes de développement économique. «Peut-être le gouvernement sera-t-il plus parlable et plus à l'écoute dans les prochaines semaines avec la situation politique qui prévaut actuellement à Ottawa», a-t-il souligné.
Quant au gouvernement provincial, il espère le voir créer un fonds d'investissement pour valoriser la recherche dans la région et favoriser la création d'entreprises dans le secteur de la haute technologie. «À l'heure actuelle, Québec est un véritable désert financier pour les jeunes entreprises technologiques», plaide le maire.
Les propos du maire en faveur d'un fort développement pour la capitale ont évidemment sonné comme de la douce musique aux oreilles de la Chambre de commerce de Québec. «On a un maire qui a une vision pour la ville, qui est capable de la mettre en étapes et de créer les investissements, même en temps difficiles», a souligné son président, Christian Goulet.
Allocution complète du maire Labeaume prononcée mardi devant la Chambre de commerce de Québec.











