
Stefany, du Dagobert, était bien préparée à affronter le froid à son bar extérieur.
Le Soleil, Martin Martel
Quelques bars extérieurs, un stand de tire d'érable, de la musique: la soirée avait une ambiance de carnaval. Au plus fort de la fête, entre 23h et minuit 15, la Grande Allée était pleine à craquer, malgré le froid mordant. De nombreux spectateurs s'étaient massés devant les deux écrans géants qui diffusaient en direct Salut 400e!
Bien installés sous l'une des lampes chauffantes du Maurice Night Club, très prisées hier, Ginette et Roger Deschênes écoutaient attentivement le spectacle. Bien qu'iIs habitent maintenant Boston, ils ont encore un pied-à-terre à Québec. Ils sont venus à deux reprises dans la capitale pour assister aux festivités du 400e, mais ils n'en ont pas profité autant qu'ils l'auraient souhaité. Ils ne voulaient donc surtout pas manquer le spectacle de clôture. «Cette année, ça a été l'euphorie, dit M. Deschênes. C'est la première fois qu'on voit Québec avec une ambiance comme ça.» Sa conjointe renchérit. «L'ensemble de la fête a été une réussite.»
France Fournier, qui avait assisté au coup d'envoi, l'an dernier, dit avoir préféré ce spectacle-ci. «Les chansons, c'était un beau choix. On avait le goût de danser.» Comme plusieurs, elle voulait terminer en beauté une année chargée d'émotion et de sorties.
Même si les gens ont quitté massivement après la fin des feux d'artifice, la Grande Allée est restée bien animée. Devant le Dagobert, une foule de fêtards en habit de neige se déhanchait au rythme de la musique crachée par les hauts-parleurs. D'autres, habillés moins lourdement, attendaient patiemment en ligne pour entrer dans le bar. Et certains fumeurs ont même bravé le froid en camisole et en t-shirt...
Geneviève Roy et ses amis dansaient énergiquement. «C'est le fun, mais ça manque un peu de rigodon!» rigole Mme Roy. Elle a par contre été étonnée de voir les spectateurs s'en aller si rapidement après le spectacle. «On aurait dit qu'il y avait le feu», a-t-elle imagé. Elle pensait qu'il y aurait encore plus d'ambiance, que la même musique serait diffusée partout dans la rue et que les gens allaient danser. «On est là (devant le Dagobert) parce qu'il y a de la musique!» Mais qu'à cela ne tienne, Mme Roy et ses amis avaient encore la nuit devant eux. «On va finir ça à notre petit pub de chansonniers, pour faire vraiment jour de l'An.»
Tradition naissante
La volonté du maire Labeaume de faire de ce rendez-vous du Nouvel An une tradition était partagée par tous les citoyens rencontrés par Le Soleil. «Ça rassemble les gens», croit Marjorie Guay.
Il y a eu file toute la soirée pour entrer au Dagobert comme au Maurice Night Club. «Le 31 décembre, c'est toujours une très grosse soirée», affirme Pierre-Alexandre Desrosiers, chef portier au Dagobert. Mais l'installation d'un bar extérieur aura sûrement contribuer à mousser un peu les ventes d'alcool. «Je pense que le bar extérieur peut faire profiter des gens qui vont attendre dans la file d'attente ou encore qui ne veulent pas nécessairement entrer à l'intérieur», estime-t-il.
Mais si le froid se faisait sentir dans les foules, les employés n'y échappaient pas non plus. «Pour les portiers, on fait une rotation, explique Philippe Desrosiers, du Maurice Night Club. C'est très dur pour le staff de travailler à l'extérieur en ce moment.»
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Cartier aussi en fête
«Feeling hot hot hot». Les paroles semblaient presque arrogantes par ce temps glacial, mais la mélodie était si entraînante que les Américains Keith Sieverding et Sara Allen, imités par d'autres passants, n'ont pu s'empêcher d'exécuter quelques pas de danse, en plein milieu de la rue Cartier.
Le couple n'a par contre pas tardé à aller se réchauffer près des lanternes chauffantes disposées dans l'avenue, qui était aussi en fête, comme sa voisine la Grande Allée. «C'est vraiment froid pour nous», explique Mme Allen. Pour nous aussi, lui répond-on. Et même pour l'écran géant... qui n'a apparemment pas apprécié le froid et ne fonctionnait pas.
À Québec pour quelques jours, les deux jeunes gens originaires de Washington avaient planifiés partir pour Montréal le 30, mais ils se sont laissés convaincre de fêter la nouvelle année dans la capitale. Et ils étaient ravis de leur séjour chez nous. M. Sieverding a même fait la grande demande à sa compagne dans la région, deux jours plus tôt.
S'ils repartaient aujourd'hui, ils ont tout de même laissés entendre qu'ils pourraient revenir... peut-être pour leur voyage de noces.
Aucune arrestation
La police de Québec, qui était d'ailleurs très visible, mercredi, sur les lieux des festivités du Nouvel An, n'a effectué aucune arrestation. La direction a voulu remercier l'ensemble de son personnel, ainsi que les citoyens pour «le déroulement très calme de la soirée». Par ailleurs, la Croix-Rouge n'a pas rapporté d'incidents majeurs, sauf quelques cas de «pieds gelés» et de personnes incommodées par le froid.
















