Déneigement des trottoirs: les Québécois, des privilégiés!

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Déneigement des trottoirs: les Québécois, des privilégiés!

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À Calgary, un règlement municipal oblige les propriétaires à déblayer dans les 24 heures les trottoirs bordant leur maison ou leur commerce.

Le Soleil, Yan Doublet

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Les citoyens mécontents de la nouvelle politique de déneigement à Québec se consoleront peut-être en apprenant que plusieurs grandes villes canadiennes obligent leurs citoyens à déneiger eux-mêmes les trottoirs. Sans quoi, ils s'exposent à des amendes.
Calgary a beau recevoir moins de neige que Québec, la métropole albertaine ne badine pas avec les tempêtes. Question d'assurer la sécurité des piétons, un règlement municipal oblige les propriétaires à déblayer dans les 24 heures les trottoirs bordant leur maison ou leur commerce.

Les cols bleus de la métropole albertaine se contentent en effet de déblayer les allées ceinturant les terrains municipaux, explique le grand responsable de l'application des règlements, Bill Bruce. Pour les récalcitrants, la Ville embauchera un entrepreneur qui fera le travail à leur place... et leur refilera une facture de 150 $.

Sans surprise, Calgary consacre à peine 22 millions $ au déneigement sur un budget de 2,2 milliards. Au prorata, c'est six fois moins qu'à Québec.

Le cas de Calgary est loin d'être unique. Edmonton aussi ne fait que déneiger 1200 km de ses 4800 km de trottoirs. La capitale albertaine oblige aussi ses citoyens à déneiger «leur» trottoir. La Ville leur donne toutefois beaucoup plus de temps pour sortir leur pelle : jusqu'à neuf jours.

Le règlement municipal stipule en effet que les Edmontonais doivent se mettre à la tâche en moins de 48 heures. Mais avant d'être mis à l'amende, un citoyen recevra un avertissement lui donnant encore sept jours pour déblayer, explique Mike Martin, qui supervise l'application de la réglementation municipale. Tout comme dans sa ville soeur, les récalcitrants verront un entrepreneur s'exécuter au terme de ce délai. En plus de la facture de 150 $ pour couvrir le coût des travaux, ils recevront une amende de 100 $.

En Ontario aussi, la plupart des municipalités demandent à leurs citoyens de mettre la main à la pelle, confirme Peter Noehammer, directeur du Service des transports de Toronto. Les résidants de la Ville reine ont d'ailleurs 12 heures après la fin des tempêtes pour en faire disparaître les traces sur le trottoir bordant leur résidence.

«C'est très courant comme pratique en Ontario. Le but n'est pas de réprimer les citoyens, mais de s'assurer de leur aide dans la promotion d'un environnement sécuritaire pour les piétons», indique M. Noehammer. Pour ceux qui omettraient de déblayer leur trottoir dans les temps requis, la métropole canadienne envoie alors l'une de ses équipes faire le boulot... et refile la facture d'environ 100 $ au propriétaire. En plus de lui coller une amende de 125 $.

Malgré cette politique, il faut toutefois noter que les cols bleus déneigent les trois quarts des trottoirs torontois. Avec un centre-ville extrêmement dense, la Ville reconnaît que plusieurs pourraient avoir de la difficulté à se débarrasser adéquatement de leur neige. Une carte disponible dans Internet permet aux citoyens de savoir s'ils font partie de ceux devant garder en permanence une pelle sous la main.

Certes, Calgary, Edmonton ou Toronto reçoivent moins de neige que Québec. Reste que la capitale de Terre-Neuve, Saint-Jean, oblige elle aussi ses citoyens à sortir leur pelle malgré les 322 cm de neige qui y tombent en moyenne chaque année. Son règlement municipal interdit par ailleurs de laisser des glaçons sur les toitures.

Villes responsables

Étonnamment, même si plusieurs villes obligent leurs citoyens à déneiger, celles-ci demeurent responsables si une personne se blesse en glissant sur un trottoir mal entretenu, ont reconnu les responsables municipaux. Toronto pourrait toutefois poursuivre un propriétaire négligent s'il a été souvent avisé de son obligation de déblayer le trottoir. Et Edmonton considère quant à elle que la responsabilité est partagée. Une victime pourrait donc poursuivre tant la Ville que le propriétaire négligent.

Évidemment, pour éviter les blessures, les citoyens prévoyants peuvent s'inspirer du responsable du déneigement de Montréal, Marcel Tremblay, qui recommandait cette semaine aux piétons de se procurer des crampons pour marcher en ville. «Sans dépenser des fortunes, les gens peuvent avoir des crampons à neige ou à glace. Pourquoi ils n'en achètent pas?»

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