«On veut tous être là, car tout le monde sait que ce sera un moment historique quand il posera la main sur la Bible. C'est une page d'histoire qui s'écrira», affirme Étienne Cayer, qui étudie l'histoire des États-Unis dans la classe de Luc Laliberté.
L'enseignant a su transmettre sa passion pour l'histoire de nos voisins du sud à ses étudiants, de sorte que ce sont eux qui ont eu l'idée de ce périple vers la capitale américaine. «Nous avions suivi la fin des primaires, et j'avais organisé une soirée électorale le 4 novembre. C'est là que plusieurs m'ont dit que ce serait agréable d'être sur place le 20 janvier», explique M. Laliberté, qui a assisté à toutes les investitures de présidents américains depuis 15 ans.
Avec la bénédiction de la direction des études du collège, les étudiants et leurs professeurs monteront donc dans un autocar demain matin et prendront la route pour Washington.
Bain de foule et de culture
«Nous nous sommes assurés d'obtenir un permis de stationnement, car les autocars qui n'en seront pas munis n'entreront tout simplement pas dans le district de Columbia!», fait remarquer Luc Laliberté pour donner une idée de l'effet de la présence de près de trois millions de personnes dans le secteur pour cet événement.
Une fois sur place, ils seront à plus ou moins une demi-heure de marche du Capitole. Ils se sépareront alors en sous-groupes, chacun muni de téléphones cellulaires et de talkies-walkies.
«Nous ne prenons aucun risque, car il se pourrait que les cellulaires ne fonctionnent pas parce qu'il y aura trop de conversations en même temps!», signale Luc Laliberté. Ils se dirigeront ensuite vers le National Mall, où ils devraient pouvoir assister au discours d'Obama sur écran gérant.
Le groupe aura également l'occasion de s'imprégner de la culture américaine durant le voyage d'aller de même qu'au retour, puisque Luc Laliberté a préparé un véritable festival de films et de séries dans lesquels sont présentés des présidents américains. Ils tenteront aussi de visiter quelques monuments et musées de Washington et s'arrêteront à New York pour une petite virée à Times Square au retour.
Intérêt à la hausse
Une chose est certaine, Barack Obama suscite déjà beaucoup d'intérêt de la part des cégépiens, et son élection aurait même contribué à modifier de façon importante leur perception des États-Unis, selon Luc Laliberté.
«Par le passé, à chaque début d'année j'avais une partie de la classe qui était proaméricaine et une partie qui était plutôt antiaméricaine. Cette année, pour la première fois on sent majoritairement un préjugé favorable à l'endroit des États-Unis. Les jeunes voient en Obama la fin de l'ère Bush», poursuit le professeur.
«Je suis contente que les États-Unis aient opté pour le changement et l'espoir!», opine Vanessa Saint-Hilaire. Alexanne Saint-Amant avoue quant à elle que son intérêt pour les États-Unis a grandi depuis le 4 novembre. «Je n'étais pas vraiment proaméricaine, mais l'élection de Barack Obama a fait augmenter mon intérêt en raison de l'impact que ça pourra avoir au niveau international», enchaîne-t-elle.
Ceux qui seront dans la capitale américaine mardi sont toutefois conscients des défis qui attendent le président démocrate. «On peut se demander s'il pourra répondre à toutes les attentes placées en lui. Par exemple, il a promis de fermer Guantanamo, et on sait déjà que ce sera beaucoup moins facile que prévu», déclare Étienne Cayer.
Pour Luc Laliberté, les retombées de l'élection de Barack Obama sont toutefois déjà importantes. «À mon avis, c'est même plus gros que le 11 septembre 2001 comme événement historique. Il y a 40 ans seulement, l'élection d'un président noir aurait été impensable, et les États-Unis sont l'un des rares pays occidentaux à avoir franchi ce pas», conclut-il.












