Complètement en désaccord avec le ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christine Saint-Pierre, qui voit, dans les esquisses soumises par le promoteur Jacques Robitaille, «une solution de conservation tout à fait originale», M. Picard se range plutôt du côté de sa collègue et architecte, la conseillère Anne Guérette, pour qui le concept proposé représente un «hôtel standard dans un environnement exceptionnel».«On est très tatillon dans l'arrondissement historique» et «ça prendra un immeuble costaud, exceptionnel» si le promoteur tient à obtenir une autorisation de construction, affirme M. Picard.
Le plan du promoteur, concocté par l'architecte Pierre Martin et l'artiste Florent Cousineau, est de démonter pierre par pierre la façade de l'ancienne église et de la reconstruire à proximité, tel un monument-phare qui pointera vers le Vieux-Québec. L'hôtel est, quant à lui, complètement dissocié de l'oeuvre artistique mise de l'avant par les deux hommes.
Précisant parler à titre personnel - et non comme le représentant du comité exécutif - le conseiller Picard estime que «l'intégration n'est pas faite entre le projet d'hôtel et la façade». «Ce que j'ai vu des plans parus dans Le Soleil, c'est un mélange de genres et un édifice conventionnel standard, lance M. Picard. Ça ne passera pas.»
Bien plus, M. Picard avance l'idée que la structure restant de l'ancien patro pourrait tout aussi bien disparaître pour de bon. «Ça jure dans le paysage, avance le vice-président du comité exécutif. Si on la défaisait, on pourrait se servir des pierres pour ériger un monument à l'intérieur même de l'hôtel.»
Comme responsable de l'aménagement du territoire, le conseiller municipal veut donner une chance au coureur. «Bien des fois, j'ai constaté des différences énormes entre les esquisses et les plans définitifs. Souhaitons que le promoteur comprenne les nuances.»











