«Lorsqu'il y a une liaison plus rapide entre une ville plus grande et une autre plus petite, il y a une tendance normale de centralisation vers la plus grande. Il n'y aura pas seulement des gagnants avec ce projet. La ville de Québec pourrait être perdante dans certains secteurs. Il est à peu près impossible de prédire à l'avance l'effet net d'un train grande vitesse», a commenté, hier, au Soleil, le professeur Mario Polèse, de l'Institut national de recherÂche scientifique (INRS) du secteur de l'urbanisation.«Une entreprise pourrait se dire qu'il n'est plus nécessaire d'avoir un bureau à Québec et qu'elle pourrait donner du service à partir de Montréal si cela ne prend que 50 minutes en train pour se rendre à Québec», a ajouté cet expert en développement régional.
À l'inverse, M. Polèse croit que des entreprises seront intéressées à s'implanter à Québec en raison des salaires et des coûts moins élevés de l'immobilier dans la région par rapport à Montréal. Une liaison ferroviaire plus rapide accroîtra la concurrence dans certains secteurs d'activité.
«Avec l'accès facilité par les autoroutes, on a vu des entreprises qui ont préféré s'établir autour de Montréal, sur la Rive-Sud, à Saint-Hyacinthe, DrummondvilÂle, dans la Couronne Nord, en raison des coûts moins élevés», a-t-il souligné.
Coup de pouce pour le tourisme
Pour Québec, il estime que l'implantation d'un train rapide pourrait favoriser l'industrie des logiciels dont les employés sont appelés à se rendre souvent à Montréal. Il est également d'avis qu'un lien ferroviaire rapide donnera un sérieux coup de pouce à l'industrie touristique, à la tenue de congrès à Québec. «Pour le secteur touristique, l'effet le plus important se fera sur les touristes européens et asiatiques. Le train haute vitesse va faciliter leur venue à Québec», a-t-il dit.
M. Polèse ne croit pas toutefois qu'un TGV pourrait être à l'origine d'une forte poussée économique dans la région de Québec. «Ça ne relancera pas de façon dramatique l'économie de Québec. Depuis quelÂques années, la région se porte déjà bien», a-t-il avancé.
Le professeur ne s'oppose pas au projet de plusieurs milliards de dollars. «Comme on dit, on ne s'oppose pas au progrès. Je suis en faveur d'un train grande vitesse, mais il faut bien planifier le projet afin qu'on soit gagnants», a-t-il conclu.














