Profitant de l'harmonisation des règles d'urbanisme à Québec, l'arrondissement Sainte-Foy?Sillery avait voulu favoriser une «densification douce». Après tout, les terrains sont de plus en plus rares et de plus en plus chers. Les nouvelles règles de zonage devaient donc favoriser la construction de maisons en rangée ou de jumelés plutôt que les traditionnelles maisons unifamiliales. La permission d'ajouter un deuxième logement aux résidences existantes était également envisagée.
Mais voilà, pas moins de 550 citoyens ont manifesté leur opposition lors de séances de consultation en janvier. Principalement irrités par le développement graduel autour du boulevard Laurier, ses voisins ont décidé de tracer une ligne à ne pas franchir. Toute nouvelle densification serait rejetée.
Centres commerciaux
Donnant raison aux citoyens, les élus de Sainte-Foy-Sillery reconnaissent toutefois leur impuissance devant le développement du secteur des centres commerciaux. Ils demandent donc à l'administration Labeaume d'accélérer la préparation d'un plan pour encadrer le développement des rives de la principale artère commerciale de Québec. Un programme particulier d'urbanisme - dans le jargon municipal - que les conseillers disent réclamer depuis plusieurs années.
D'ici là, l'arrondissement entend maintenir les règles de zonage le long du boulevard Laurier. Ainsi, si un promoteur souhaite faire un développement en hauteur, il devra d'abord demander un changement au zonage. Les citoyens auront ainsi leur mot à dire avant de voir apparaître une nouvelle tour dans leur cour.
Ainsi, pas question de hausser la hauteur maximale des nouvelles constructions à l'îlot Lapointe, dernier bastion de maisons le long de l'artère, tout juste en face de Laurier Québec. Rappelons que le groupe SSQ a tenté d'acheter les 32 résidences pour y développer un nouveau projet immobilier. Le Soleil révélait récemment toutefois que le tout avait été mis sur la glace devant la résistance des citoyens à vendre. Même statu quo dans le secteur de l'Industrielle Alliance et celui de Promutuel où l'arrondissement préfère maintenir les règles actuelles plutôt que de hausser le plafond.
Au-delà du développement le long du boulevard Laurier, les élus optent également pour le statu quo dans le reste de l'arrondissement en mettant de côté toute «densification douce». «Les gens qui craignaient que la densification se fasse en intégrant des jumelés ou des maisons en rangée pourront être rassurés», a estimé Francine Bouchard, présidente de l'arrondissement.
L'ajout de logis dans les maisons sera aussi plus restreint. «Il y avait beaucoup de réticences notamment sur la question de pouvoir ajouter un deuxième logement dans le secteur Sillery», expose Francine Bouchard. Ainsi, l'arrondissement permettra aux propriétaires de ce quartier d'aménager un deuxième logement seulement pour héberger un proche parent. Et lorsque celui-ci quitte la demeure - ou meurt -, la cloison devra être démantelée.
Cette situation risque de donner bien des maux de tête aux employés municipaux, reconnaît Mme Bouchard. «Ce n'est pas la situation idéale. C'est facile à implanter, mais difficile à gérer.»
Les élus demandent également une meilleure protection pour les arbres. Plusieurs citoyens s'étaient en effet inquiétés de voir disparaître des parcs, dont celui du Buisson. Sur ce point, les gens n'ont été que partiellement rassurés puisque seule la moitié de l'endroit a été soustraite à toute possibilité de développement.












