C'est ce qu'a révélé un reportage diffusé hier soir, à TVA. Selon leurs sources, c'est la Société immobilière Trans-Québec (SITQ), le bras immobilier de la Caisse, qui songe à délaisser le marché de Québec, moins rentable. Et ce, au profit de plus grands centres urbains comme Paris, Londres ou même la Chine.Les immeubles dans la mire sont le 801, Grande Allée, dont un des locataires est le Groupe Cossette, le 700, René-Lévesque, qui abrite des bureaux du ministère des Transports et l'hôtel Delta, et le 505, boulevard du Parc Technologique, dans l'ouest de la ville. Pour l'heure, aucun contrat de courtage n'a encore été octroyé, aurait affirmé la SITQ. Mais on estime déjà que la vente de ces trois immeubles pourrait rapporter environ 100 millions $ au portefeuille de 130 milliards $ de la Caisse.
Le quatrième édifice de la Caisse, l'emblématique édifice Price, serait épargné, rapportait-on hier soir. Outre la résidence du premier ministre, l'immeuble abrite toujours le siège social de la Caisse de dépôt et placement du Québec.
«Mauvais signal»
C'est une stratégie que dénonce la porte-parole de l'opposition officielle pour la capitale nationale, Agnès Maltais. «Quel mauvais signal! peste-t-elle. Si notre principal investisseur déclare que Québec est un petit marché dans lequel ça ne vaut pas la peine d'investir, c'est là un très mauvais signal qu'on lance aux investisseurs.»
La députée péquiste s'interroge quant à l'intérêt d'investir à l'étranger, rappelant les importantes pertes reliées aux investissements de la Caisse à l'aéroport de Heathrow, à Londres.
Dans une vue d'ensemble, le bilan de la Caisse s'annonce plus rouge que rose, en 2008. Des pertes de 30 milliards $ pourraient être annoncées demain.
Ce n'est donc pas le temps de se départir d'actifs, prévient Mme Maltais. Et encore moins de laisser tomber la deuxième ville en importance au Québec. «J'ai hâte de voir comment Sam Hamad va nous expliquer l'abandon de la capitale par la Caisse de dépôt.»
Du côté du ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, on était avare de commentaires, hier. Alexandre Boucher, son attaché de presse, n'était pas au courant de la rumeur et, selon lui, le ministre Hamad non plus. Son unique réflexion sur la question se résumait à dire que le changement de propriétaire des édifices n'impliquerait aucune perte pour la région. «Au lieu que ce soit le gouvernement qui soit le propriétaire de l'édifice, que ça devienne du privé, ça ne change pas grand-chose», a-t-il dit en entrevue téléphonique.










