Toutes les principales pièces du casse-tête que représente l'après-400e devaient se mettre en place mardi lors d'une conférence de presse. À cette occasion, la Ville devait annoncer une collaboration exclusive avec le Cirque du Soleil pour les cinq prochaines années, au coût de 30 millions $.
«On a créé un fonds des événements dont le critère est d'investir dans des événements qui, demain matin, peuvent être achetés à Paris, New York ou Francfort. Des événements dont toutes les villes rêvent. On les a», s'emballe M. Labeaume.
La joute politique à l'hôtel de ville aura toutefois précipité les choses, le maire ayant été forcé d'ouvrir son jeu aux élus municipaux ces derniers jours pour tenter de sauver la mise. Mercredi matin, le maire rencontrait d'ailleurs le chef de l'opposition Alain Loubier afin de lui expliquer qu'un vote contre le Moulin à images plaçait du coup la collaboration du Cirque sur la corde raide.
«Il y a des gens qui ont les moyens de ne pas se faire contester. Il y a des gens qui ne s'étireront pas le cou pour venir à Québec si on les conteste», a plaidé M. Labeaume. L'entreprise de Guy Laliberté, qui a récemment dû abandonner un projet à Montréal devant la grogne populaire, «a été ébranlée par le débat à l'hôtel de ville sur le Moulin à images», a-t-il poursuivi.
Le maire a donc tenté mercredi de rassurer l'opposition sur le coût pour la Ville du contrat de 22 millions $ sur cinq ans à la boîte de Robert Lepage. Celui-ci s'engage à ce que Québec ne paie en bout de piste que 40 % de la facture de ces nouveaux événements. Le reste proviendra de commanditaires - une première entreprise aurait offert mercredi 300 000 $ - et du gouvernement provincial qui injecte 5 millions $ chaque année dans le Fonds des événements. De plus, la part de la Ville ne coûtera pas davantage aux citoyens, puisque l'administration poursuivra la vague de compressions, évitant ainsi d'avoir à recourir à une hausse de taxes.
Le maire a toutefois refusé de se rendre aux arguments de prudence de l'opposition et de plusieurs indépendants qui souhaitent un contrat plus court pour le Moulin à images. «On ne peut pas dire : ?On va essayer pour une année. Ça, c'est une mentalité de losers, de perdants.» Il indique que l'achat des projecteurs coûtera la bagatelle de 10 millions $. Et la location reviendrait deux fois plus cher.
Après sa rencontre avec le maire, Alain Loubier a refusé mercredi de s'adresser à la presse pour préciser si son parti qui aligne 14 voix au conseil municipal avait été convaincu par ses explications.
N'empêche, une série d'entrevues menées par Le Soleil mercredi auprès des élus indépendants semble indiquer que le projet devrait être adopté. Et ce, même si plusieurs d'entre eux continuent à se questionner sur la durée du contrat d'Ex Machina.
Encore hésitant sur sa position finale, le conseiller Paul Shoiry (Sillery) a dit se sentir bousculé par la façon dont le dossier a été présenté. «Quand on décide de refaire un aréna, on en parle pendant trois ans. Là, on nous demande de décider en trois jours pour un projet de 22 millions $ sur cinq ans. C'est court.»















