«L'Agora, c'est bien beau, mais il y a des coûts. Et si on est seuls à vouloir développer ça, ce sera difficile. On a la responsabilité à nous seuls de voir au développement de l'Agora. On peut agir de bonne foi, faire le maximum d'efforts possibles, mais ce n'est pas notre spécialité», a affirmé hier au Soleil le vice-président principal du Port de Québec, Marcel Labrecque.
Selon lui, le Port aurait besoin d'un fonds de démarrage de 300 000 $ à 400 000 $ pour monter une programmation qui donnerait une chance à l'Agora de créer un engouement, d'attirer des commanditaires et de s'autofinancer à moyen terme. Le Port de Québec a approché le Festival d'été de Québec pour élaborer cette nouvelle programmation, qui prendrait la forme de spectacles thématiques à prix populaire. Les mardis de la musique classique ou les lundis de la relève du rock, par exemple. Le but : créer une habitude chez les spectateurs et remettre l'Agora au coeur de l'action culturelle estivale.
Le Festival d'été n'a toutefois pas voulu assumer le risque financier de ce projet, et le gouvernement conservateur a refusé de donner les fonds nécessaires pour son démarrage. «Il aurait fallu encore une fois que le Port de Québec investisse pour avoir la masse critique financière, pour prendre ces risques. Et ce n'est pas notre rôle. La décision de garder l'Agora était une décision fédérale et nous, ce qu'on a sollicité auprès du fédéral, c'est un accompagnement dans les premières années pour nous permettre de créer un certain nombre d'activités qui pourraient prendre leur envol toutes seules par la suite», a expliqué M. Labrecque, en ajoutant que cette demande du Port est restée lettre morte.
Face à ce refus, M. Labrecque a demandé à la Ville de Québec de lui donner un coup de main avec l'aide du Fonds des événements spéciaux. Mais avec le Moulin à images et le Cirque du Soleil qui s'installeront à Québec, la Ville n'a pas les moyens de venir en aide à l'Agora du Vieux-Port, a-t-on laissé savoir au Port.
Résultat : la salle de spectacle qui a été rénovée au coût de 17 millions $ l'an dernier sera encore une fois exploitée à son strict minimum en 2009. Seul le producteur Michel Brazeau a jusqu'à maintenant confirmé qu'il présenterait cinq ou six spectacles à l'Agora. «La gestion va se faire sur une base de location de salles. On va répondre aux intérêts des producteurs
de spectacles qui en feront la demande, sans plus», a soutenu M. Labrecque.
Selon lui, le Port risque encore cette année de perdre de l'argent avec ce lieu de spectacle neuf. L'an passé, les spectacles gratuits du 400e avaient donné un coup dur à la mince programmation de l'Agora. «Ça nous a coûté 500 000 $, cette aventure-là, l'an dernier, et je ne pense pas qu'on ait le mandat de développer seul cette salle-là. C'est pour ça qu'on cherche l'appui du Festival d'été ou d'autres organismes qui pourront programmer des événements. On doit être compétitifs.»
Le Port compte sur les services de Supervision André Duchesne pour gérer les activités de l'Agora. Un contrat de deux ans lie les deux parties. Mais selon M. Labrecque, l'expertise du Festival d'été serait toutefois souhaitable pour diversifier la programmation et donner une chance réelle à cette salle de spectacle qui a du mal à prendre son envol.
Le gouvernement conservateur avait décidé de conserver et de rénover l'Agora du Vieux-Port en 2006 afin de répondre aux pressions de militants, en particulier des auditeurs de CHOI.











