Une vraie chambre froide pour le Relais d'Espérance

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Une vraie chambre froide pour le Relais d\'Espérance

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Carl Turgeon, président des Services Frima, et Danielle Pearson, directrice générale adjointe du Relais, à l'entrée de la chambre froide que les employés de Frima ont construite bénévolement.

Le Soleil, Steve Deschênes

Nadia Ross
Le Soleil

(Québec) Une chambre froide d'une valeur de 15 000 $ a été construite dans les locaux du Relais d'Espérance à Limoilou en fin de semaine. Si l'onéreuse opération a été rendue possible, c'est grâce au président des Services Frima qui a voulu offrir un cadeau aux plus démunis de sa communauté.

Il y a quelques mois, quand Carl Turgeon est allé visiter le Relais d'Espérance, il a été bouleversé par ce qu'il a vu. Une centaine de personnes attendant d'un côté pour remplir leur panier de denrées et de l'autre, des installations désuètes pour accueillir la précieuse nourriture. Outre les frigos branchés çà et là, un petit local qui, une fois la fenêtre ouverte, servait de chambre froide en hiver, rien ne permettait de garder les aliments au frais. «Imaginez l'été!» lance celui qui a eu l'idée d'offrir à l'organisme un cadeau de taille : une chambre froide de 225 pieds carrés!

«Ça faisait trois ou quatre ans que je me battais pour qu'on puisse avoir ce genre d'installation», explique Danielle Pearson, directrice générale adjointe du Relais. Mais, les projets sur la table étaient beaucoup plus modestes et n'auraient pas impliqué l'intervention de professionnels. La proposition de M. Turgeon est donc apparue comme une bénédiction, «un heureux hasard».

En effet, si Carl Turgeon est allé visiter les locaux du Relais, c'est qu'il avait été approché par un ami pour assurer la présidence d'honneur de la campagne de financement de l'organisme communautaire. C'est en arrivant sur les lieux que le lien s'est fait. «Je me suis dit que [construire une chambre froide] ça serait peu d'effort pour aider beaucoup monde», dit-il humblement.

Ses propres employés n'ont d'ailleurs pas hésité à mettre bénévolement la main à la pâte. Du coup, les liens entre eux se sont resserrés, observe l'homme d'affaires. En tout, une vingtaine d'heures ont été nécessaires pour monter la structure, finir les murs et installer le compresseur. Le tout, selon les normes les plus strictes de l'industrie.

Si la nouvelle installation diminuera les pertes, elle permettra aussi d'augmenter la variété des fruits et des légumes tout au long de l'année. Les denrées saisonnières pourront être distribuées sur une plus longue période, car elles seront plus faciles à entre-

poser et à conserver, explique Mme  Pearson. «Souvent, on reçoit des produits qui sont près de leur date de péremption. En les gardant au frais, on peut étirer leur vie un petit peu et desservir plus de gens.»

La conservation et l'entreposage sont des enjeux de taille pour un organisme comme celui-ci qui distribue chaque année plus de 3000 paniers à environ 350 personnes différentes. Des enjeux qu'a rapidement cernés M. Turgeon.

«Sur le plan fiscal, ça ne me rapporte pas grand-chose. Je l'ai fait vraiment parce que ça m'a fait quelque chose de voir tous ces gens démunis. Et je crois que ça peut changer quelque chose dans leur vie.» Il cite en exemple cette dame âgée qui prend soin de son fils handicapé qui n'a jamais réussi à joindre les deux bouts. «Ce ne sont pas des profiteurs qu'on voit au Relais d'Espérance, c'est des gens qui ont vraiment besoin de cette aide-là, de ce lieu-là», rappelle-t-il.

Le Relais d'Espérance a pour mission «d'aider les personnes à retrouver la confiance, l'espoir et la joie de vivre». Ses activités se déroulent sur deux plans : la banque alimentaire et le café-rencontre.

Sans discrimination ou facteurs de sélection, l'organisme vient en aide à une clientèle composée majoritairement d'hom­mes célibataires (60 %). Près des trois quarts des gens qui fréquentent le Relais ont des problèmes de santé mentale (70 %) et 60 % ont des problèmes d'alcoolisme ou de toxicomanie.

Explosion de la demande

La demande de paniers de provisions explose au Relais d'Espérance. Après la période des Fêtes, l'organisme voit habituellement sa clientèle diminuer de façon radicale. Mais, pour la première fois en 10  ans, le nombre d'inscriptions se maintient, et on donne en moyenne 110 paniers par semaine. À cette date-ci, ils ne sont généralement qu'une soixantaine à venir chercher leur panier. «C'est presque le double!» lance Danielle Pearson, directrice générale adjointe du Relais d'Espérance. Plus de pauvreté ou retour à la case départ? Ceux qui font gonfler la clientèle du Relais ne viennent pas de loin. Ils sont pour la plupart d'anciens habitués qui avaient réussi à réintégrer le marché du travail. Depuis, ils auraient perdu leur emploi «à cause de la crise» et doivent maintenant retourner à l'organisme de soutien. Ce qui attriste le plus Mme Pearson, c'est de voir des gens qui ont travaillé fort pour se sortir de la pauvreté devoir revenir chercher du soutien. Si le désespoir est grand chez certains, les intervenants du centre ne baissent pas les bras. «On les encourage, on leur répète que s'ils ont réussi à trouver du travail une fois, ça peut marcher une deuxième fois», illustre-t-elle.  

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