Pierre Labrie, qui laisse sa place de directeur de l'Office du tourisme de Québec à Gabriel Savard aujourd'hui, après plus de 17 ans de service, est toujours convaincu de la nécessité d'un meilleur accès à Québec par le train pour développer l'industrie touristique.
«Les personnes qui se rendent à un congrès acceptent généralement un changement d'avion via Montréal ou Toronto, mais pas plus. Parfois, ils veulent un vol direct. Cela n'aide pas Québec pour obtenir des congrès. S'il y avait un train rapide, cela avantagerait la tenue de congrès ici», a-t-il soutenu, au cours d'une entrevue avec Le Soleil.
Pour l'heure, malgré une augmentation des vols à l'aéroport Jean-Lesage, la desserte aérienne de Québec n'est pas suffisante pour attirer davantage de gros événements au Centre des congrès qui sont générateurs de bons revenus pour l'industrie touristique locale.
M. Labrie croit également que le développement du tourisme de congrès, qui est plus lucratif que le tourisme d'agrément, amènera les grands hôtels à investir dans l'amélioration de leurs installations et possiblement, à attirer de nouvelles grandes chaînes. Il en fait d'ailleurs un enjeu majeur afin que la région demeure concurrentielle au cours des prochaines années.
«Les grands hôtels doivent garder la barre haute. La concurrence est féroce. Il faut qu'il y ait plus d'entreprises comme Anapharm, Exfo, dans la région, avec des employés qui vont à l'étranger et qui amènent aussi à Québec des gens. Québec est encore une ville très gouvernementale.»
Québec-Paris
Un meilleur accès à la région n'est pas une préoccupation nouvelle pour Pierre Labrie, qui fêtera son 61e anniversaire le 2 juillet. Il a commencé cette quête en associant l'Office du tourisme à une étude à la fin des années 90 qui avait conclu en la nécessité d'une liaison avec Chicago, laquelle est devenue réalité l'an dernier avec United Airlines.
Mais la réalisation dont il est le plus fier est le succès du premier vol hebdomadaire l'hiver entre Québec et Paris avec Air Transat. L'Office et d'autres organismes avaient dû s'engager à couvrir les pertes au cas où il n'y aurait pas eu suffisamment de passagers.
«Personne n'y croyait au début. Pas même Transat. Durant le premier hiver, le taux d'occupation de l'avion a été de 95 %. Aujourd'hui, nous avons deux vols par semaine sur Paris l'hiver. En plus, l'été, nous sommes rendus à sept vols par semaine. Cela ne s'est pas fait seul. J'ai eu le support de Françoise Mercure, entre autres», a-t-il raconté.
Ces vols amènent à Québec et en région de nombreux touristes français désireux de découvrir nos larges espaces enneigés ou d'aller voir les baleines en été. «C'est un bel exemple d'une promotion interrégionale», a-t-il dit.
Conseiller
M. Labrie tirera sa révérence définitive de l'Office du tourisme en mai, après l'assemblée annuelle. D'ici là, il agira comme conseiller du nouveau directeur. Par la suite, il veut devenir consultant en tourisme. «Je compte prendre des vacances au Québec et en Europe après mon départ. Je n'ai pas fait de réservations. Je vais les faire à la dernière minute, comme bien des gens aujourd'hui», a-t-il confié.











