À l'entrée du Vieux-Québec, site du patrimoine mondial, ces bulles, dont la plus grosse fera quatre mètres de hauteur, risquent de faire jaser.
«Ce n'est pas si flyé que ça», assure Robert Lepage, un «voisin d'en face» intéressé en raison de son désir d'y réaliser le projet Diamant dans l'entrée du cap. Agissant comme président du jury chargé de choisir l'oeuvre que commandite Transports Québec, l'homme de théâtre assure que son projet est toujours en gestation.
«Le lieu est intrigant, ça va interpeller les gens mais ils vont l'apprivoiser», croit-il.
Promise pour le printemps 2010, juste avant la reprise des spectacles du Cirque du Soleil, sous les bretelles de l'autoroute, l'oeuvre de l'équipe de Côté Leahy Cardas-SNC-Lavalin symbolisera le retour à la vie. «Le béton démoli prend sa revanche, explique Diana Cardas, chargée de projet du groupe pour ce concours. Il renaît sous sa forme originelle, la forme la plus stable et hydroénergétique, la forme à la base de toute vie, de notre existence et de notre univers, la sphère.»
Boules mouvantes
Les concepteurs assurent que les automobilistes qui emprunteront cette autoroute vont être étonnés : les boules, telles des particules, se détacheront lors des accélérations ou s'uniront lors des décélérations.
«La surface complexe de leur peau semblera se déformer au passage de l'automobiliste, dialoguant ainsi de la dynamique et de la fluidité de l'autoroute», rajoute-t-on.
Le grand artiste qu'est Robert Lepage ne croit pas que ce nouvel élément architectural n'a pas sa place dans le décor du Vieux-Québec.
«Ce n'est pas le Vieux-Québec, précise Lepage. C'est encore Saint-Roch. Le lieu est intrigant.»
L'homme de théâtre et président du jury dit que des 21 projets soumis à la base, un grand nombre mettaient en évidence des végétaux.
«Il n'y a pas de végétaux qui peuvent survivre à cet endroit, indique-t-il. Il n'y a pas grand-chose qui peut y pousser.»
«C'est la première fois que le ministère des Transports s'associe à un concours de cette envergure», a pour sa part affirmé Denys Jean, sous-ministre québécois des Transports. «C'est une action concrète pour améliorer le paysage routier.» Dans le passé, Transports Québec avait dû se rendre à l'évidence quand il avait été interpellé pour permettre la réalisation des fresques qui ornent les piliers de cette même autoroute.
L'enveloppe réservée à ce projet est de 725 000 $, à laquelle s'ajoute un prix de 35 000 $.Deuxième au classement, l'équipe de BDA-EMS ingénierie remporte un prix de 25 000 $ pour sa participation au concours. L'équipe de Florent Cousineau inc.CIME Consultants inc.-Gerpatec inc.-Côté, Chabot, Morel architectes-LNC inc., troisième, mérite un prix de 15 000 $.
La Commission de la capitale nationale, qui a supervisé le concours, soutient pour sa part avoir été un partenaire majeur de la Ville de Québec dans le renouveau du quartier Saint-Roch.
Allure contemporaine
«Le projet Paysages suspendus s'inscrit dans notre volonté de poursuivre le travail de réaménagement de ce quartier en lui donnant une allure résolument contemporaine», fait valoir son président, Jacques Langlois.
Les concepts proposés sont disponibles pour consultation au www.paysages-suspendus.com.























