En conférence de presse hier matin, des représentants des trois ordres de gouvernement ont donné le coup d'envoi à ce concours qui permettra enfin de visualiser le nouveau Musée.
Comme la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, la ministre fédérale des Affaires intergouvernementales, Josée Verner, et le maire de Québec, Régis Labeaume, le président de la Fondation du Musée et le responsable du projet, John Porter, a encouragé les candidats à proposer un concept audacieux pour le XXIe siècle.
«Je voudrais avoir, à l'échelle du Musée, un édifice qui soit aussi identitaire pour Québec que l'a été le Château Frontenac pour le siècle précédent», a confié au Soleil M. Porter, en marge de la conférence de presse.
Après des années d'attente et plusieurs annonces sans lendemain, l'agrandissement du Musée, qui lui permettra de gagner 55 % en superficie, se met enfin sur les rails avec l'amorce du concours.
«Cette journée, nous l'attendions depuis longtemps», a dit la ministre St-Pierre, qui a souhaité que le projet choisi soit à la portée de «tous nos citoyens et non aux seuls initiés possédant des connaissances étendues en architecture».
Le jury sélectionnera d'abord
15 firmes ayant de l'expérience dans des projets semblables, dont cinq firmes québécoises. Puis, à la mi-novembre 2009, cinq idées seront retenues. Les cinq finalistes devront présenter des esquisses qui respectent les besoins du Musée, les contraintes techniques et budgétaires de l'agrandissement. Le choix final du jury sera soumis au conseil d'administration du Musée à la fin février 2010.
Formé de sept membres, le jury n'a pas encore été entièrement choisi. Chose certaine, quatre architectes, dont André Bourassa, le président de l'Ordre des architectes du Québec, et Jacques White, le directeur de l'École d'architecture de l'Université Laval, en feront partie, de même que la directrice générale du Musée, Esther Trépanier, et M. Porter lui-même.
Le jury sera présidé par Charles-Mathieu Brunelle, directeur des Museums nature de la Ville de Montréal, qui a déjà dirigé plusieurs projets d'architecture.
Entre 50 et 100 propositions attendues
M. Porter s'attend à recevoir entre 50 et 100 propositions. Des candidats auraient déjà commencé à se manifester. «Le concours n'est pas encore lancé que déjà, et depuis des mois, nous avons de grandes firmes, québécoises, canadiennes, américaines, européennes, qui nous appellent sans relâche pour savoir quand ça démarre parce qu'ils veulent postuler», a affirmé le président de la Fondation du Musée.
Le maire Labeaume a salué l'idée d'un concours international. «Ce que j'aime là-dedans, a-t-il dit, c'est d'avoir l'apport, la créativité, le génie de l'extérieur à l'intérieur de nos vieilles pierres.»
La facture totale de l'agrandissement, qui comprend la construction du nouveau pavillon, mais aussi des travaux dans les anciens, coûtera 90 millions $. Les gouvernements provincial et fédéral ont investi chacun 33,7 millions $. Le mécène Pierre Lassonde s'est engagé à mettre les 3,9 millions $ nécessaires pour l'acquisition du terrain du couvent des Dominicains de Québec, où sera bâti le nouveau pavillon sur la Grande Allée. John Porter est allé chercher le reste en fonds privés.
Le gouvernement provincial a décidé que l'agrandissement du Musée serait effectué de manière conventionnelle et non en partenariat public-privé.
Si l'échéancier est respecté, le nouveau pavillon devrait ouvrir ses portes à la fin de l'été 2013.
Trois questions à John Porter
Q Après tant d'années d'attente, comment vous sentez-vous maintenant que le concours d'architecture est lancé?
R Aujourd'hui, pour moi, c'est un gros aboutissement. [...] Les gouvernements nous donnent le signal de départ et nous, on monte dans le bolide et là, on va se rendre à destination. [...] Alors, je suis extrêmement content. Ç'a a été difficile, ça été exigeant, ça a été laborieux, mais ça nous a aidé, mes collaborateurs et moi, à donner toutes les garanties aux uns et aux autres.
Q Pourquoi teniez-vous à ce que le nouveau pavillon soit bâti sur la Grande Allée?
R En allant du côté des Dominicains, c'est l'ouverture sur la ville, c'est le musée qui sort de son enclave, c'est l'occasion de faire un quartier du Musée, c'est tout ça. Alors, il y a une portée symbolique très très forte là-dedans.
Q Le manque d'espace vous a-t-il empêché d'accueillir certaines expositions?
R Oui. Je ne vous les nommerai pas, mais il y a eu des expositions de telle envergure que ça ne rentrait pas dans le musée. Il y a eu des expositions que j'aurais rêvé d'avoir, mais que je ne pouvais pas présenter parce qu'on était limité en nombre de salles. Et ça, ça va pour les expositions temporaires, mais pour la collection permanente du musée, on a plein de chefs d'oeuvre qui, dans d'autres musées, seraient exposés en permanence, mais qui là actuellement sont dans les réserves.










