La direction du RTC a indiqué, hier, que la proposition de services essentiels présentée par le syndicat ne lui permettra pas de maintenir les minibus électriques qui sillonnent le Vieux-Québec et d'utiliser la vingtaine d'autobus articulés qui lui seront livrés d'ici le mois d'août.
«Cette proposition nous empêche d'ouvrir le nouveau garage pour les autobus articulés et d'utiliser les Écolobus. Tous les autres services actuels sont maintenus. D'ici demain, on fera une analyse complète de la position du syndicat sur les services essentiels», a affirmé le porte-parole du RTC, Claude Lévesque.
«On est déçus de la position de l'exécutif syndical. Elle nous empêche d'offrir les nouveaux services prévus à l'automne. On demande au syndicat de revenir à la table des négociations et d'accepter l'arbitrage», a-t-il poursuivi.
Dans les heures précédentes, le président du syndicat des employés d'entretien, André Carmichael, avait soutenu qu'une grève aurait peu de conséquences sur les usagers en raison des services essentiels tout en refusant de dévoiler le contenu de la proposition syndicale.
«La grève n'aura pas grand impact sur la population. Elle ne nuira pas du tout ou très peu. Il n'y aura pas de grandes perturbations pour les usagers. Nous avons un plan stratégique. Ce n'est pas nous qui gérons le niveau de la flotte. S'il y a moins d'autobus disponibles, ce ne sera pas de notre faute», a-t-il affirmé, au cours d'un entretien avec Le Soleil, au local du syndicat de la rue des Rocailles.
En maintenant la presque totalité des services lors d'une grève qui risque d'être beaucoup plus symbolique, le syndicat assure à ses membres la totalité ou presque de leur salaire.
Opinion publique
La direction du syndicat est bien consciente qu'elle n'obtiendra pas l'appui de la population dans son bras de fer ou sa partie d'échecs avec le RTC. «L'opinion publique, on ne l'aura pas de notre bord. On le sait très bien mais on n'est pas prêts à laisser tomber notre convention pour autant», a commenté M. Carmichael.
À ceux qui clament que la grève est injustifiée, injustifiable, voire même scandaleuse, le président du syndicat rétorque que c'est le seul moyen à leur disposition pour faire entendre raison, à leur point de vue, à la direction de la société paramunicipale.
Il a rappelé que le syndicat avait tenu un vote secret sur des moyens de pression en avril à 94 % et un autre unanime sur la grève au début du mois. «Je pense que l'employeur ne pensait pas qu'on se rendrait là. Il ne nous prenait pas au sérieux. Il avait peut-être cette impression compte tenu de la situation de notre syndicat au cours des dernières années mais cela a changé», a avancé M. Carmichael.
À son avis, l'enjeu du différend avec le RTC ne se limite pas à l'organisation du travail au nouveau garage pour les autobus articulés. «Si on accepte ce qu'on nous demande pour le nouveau garage, c'est clair qu'ils vont vouloir l'appliquer à celui de la rue des Rocailles. Ils essaient de jumeler des postes depuis plusieurs années. On l'a vu avec la carrosserie. Pourtant, ils ont toute la flexibilité nécessaire avec la convention actuelle. Ils peuvent affecter des employés à d'autres tâches au besoin dans leur métier. Ce n'est pas vrai qu'il y aura des employés payés à ne rien faire»,
a-t-il soutenu.
Le président du syndicat a souligné le contraste avec les félicitations faites au personnel l'an dernier pour leur bon travail lors des Fêtes du 400e. «Pourtant, ça s'est fait avec la même convention que l'on veut changer aujourd'hui», a-t-il dit.











