Sillery: remonte-pente pour vélo en 2010

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Sillery: remonte-pente pour vélo en 2010

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Ce remonte-pente permet de monter une côte abrupte du centre-ville de Trondheim, en Norvège. Il suffit de rester en selle et de poser un pied sur une petite plate-forme de la largeur du soulier, ancrée à un rail enfoui sous le bitume.

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Québec planche sur un projet pour devenir la deuxième ville au monde à se doter d'un remonte-pente pour vélos. S'inspirant d'une ville norvégienne, la capitale souhaite installer un lien mécanique pour faciliter aux cyclistes la montée de la côte de Sillery.

Même si le projet est encore à l'état embryonnaire, il pourrait voir le jour dès 2010, selon le vice-président du comité exécutif, François Picard. «Nos gens à l'aménagement du territoire étudient la question. On veut rénover la côte de Sillery l'an prochain, on a le projet d'enfouir les fils dans ce secteur, de donner plus de place aux piétons et aux cyclistes, alors on essaie de tout faire en même temps. Mais il faut faire vite, puisqu'on veut lancer l'appel d'offre dès l'automne», expose le conseiller.

Le remonte-pente baptisé Trampe permet aux cyclistes de monter pratiquement sans effort les 130 mètres d'une côte abrupte du centre-ville de Trondheim, à 400 km au nord d'Oslo. Il suffit de rester en selle et de poser un pied sur une petite plate-forme de la largeur du soulier. Ancrée à un rail enfoui sous le bitume, celle-ci  avance à raison de deux mètres par seconde, soit légèrement plus rapidement que la vitesse d'un marcheur.

«Au prix d'une piste»

Inauguré en 1993, le remonte-pente aurait effectué depuis plus de 200 000 remontées. Aucun employé n'est nécessaire pour activer l'appareil, une carte magnétique suffit. Son concepteur, Jarle Wanvik, vante d'ailleurs le côté économique de son invention qui coûte «le même prix qu'une piste cyclable en milieu urbain», soit environ 1500 $ par mètre.

Fait étonnant, même si sa compagnie dit avoir été contactée par plus de 200 villes, aucune autre n'a encore imité Trondheim. Satisfaite du résultat de son projet pilote lancé en 1993, la Ville planifie néanmoins ajouter deux nouveaux liens mécaniques, l'un de 300 m et l'autre de 600 m.

Aucune information n'était toutefois disponible hier quant à l'impact de l'hiver sur le remonte-pente. Québec est d'ailleurs à élucider cette question, et à déterminer si les 500 mètres de la côte de Sillery - qui compte également une courbe - ne sont pas trop exigeants.

Si le projet ne devait pas se réaliser sur cette pente, le conseiller Picard envisage la rue Sainte-Claire, qui traverse le quartier Saint-Jean-Baptiste. Cette artère aussi doit faire l'objet d'une réfection en profondeur d'ici peu.

Un autre lien mécanique est à l'étude, selon M. Picard. Mais cette fois, il s'agit davantage d'un escalier roulant couvert devant relier l'îlot Fleurie sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency au boulevard Honoré-Mercier. Dans ce cas, la Ville est toutefois moins pressée, souhaitant arrimer ce projet avec celui de la caverne de Robert Lepage.

Prévenir la controverse

Ironiquement, c'est à cet emplacement précis que l'administration de l'ex-maire Jean-Paul L'Allier s'était cassé les dents en présentant un projet d'escalier -non mécanique, doit-on souligner. Reconnaissant que ces projets de liens mécaniques risquent de soulever la controverse, le maire Régis Labeaume tente déjà d'en faire miroiter les avantages.

«Le tourisme de loisir, ça augmente de façon incroyable. Le nombre de kilomètres de pistes cyclables dans une ville, ça devient de plus en plus important pour les gens dans leur choix de vacances, a-t-il indiqué hier. Je vous jure qu'un remonte-pente va attirer tellement l'attention qu'on va avoir plus de monde qui vont venir juste pour l'essayer. C'est comme ça qu'on distingue une ville.»

Selon le maire, un tel projet conviendrait parfaitement aux personnes âgées. «Allez sur la promenade Samuel-De Champlain voir combien il y a de retraités qui marchent et qui font du vélo. S'ils sont descendus d'en haut, ils ont beau être en forme à 70 ans, monter la côte de Sillery, [ça peut être difficile]», souligne M. Labeaume.

Or, le remonte-pente de Trondheim est surtout populaire auprès des étudiants de cette ville universitaire de 170 000 âmes. Un sondage mené auprès des 2500 abonnés révèle qu'à peine 6 % des utilisateurs ont plus de 50 ans.

Reste que le concepteur, Jarle Wanvik, assure qu'il ne faut pas être particulièrement en forme pour utiliser son invention. Suffit d'avoir la bonne technique, soit de mettre son poids sur la petite plate-forme et non sur son vélo. Celui-ci assure de plus qu'aucun accident n'est survenu en 16 ans d'utilisation.

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