Église baptiste de Saint-Augustin: une poignée de marchands tranchera

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Église baptiste de Saint-Augustin: une poignée de marchands tranchera

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Le pasteur Guillaume Roy aimerait bien qu'une modification de zonage soit effectuée pour permettre à ses ouailles de venir s'installer dans la municipalité.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Claude Vaillancourt
Le Soleil

(Québec) L'avenir de l'église baptiste de Saint-Augustin repose entre les mains d'une poignée de marchands, ceux de Place Jean-Juneau, un espace commercial qui veut se distinguer des grands centres en offrant des services de proximité. Un peu comme au Campanile, dans Sainte-Foy, si vous voulez. Des boutiques au rez-de-chaussée, des habitations aux étages.

La vingtaine de commerçants doit en effet décider si elle veut comme voisins les professants de cette religion basée sur la liberté absolue de conscience et l'autorité souveraine de la Bible.

«Ce n'est pas une question de religion, professe la chocolatière Julie Germain. On est des commerçants, on est là pour faire des sous. L'arrivée d'une église dans Place Jean-Juneau monopoliserait trop de places de stationnement.»

«Officiellement, personne ne vous dira que c'est une affaire de religion», soutient le maire Marcel Corriveau, à qui les commerçants ont demandé de ne pas autoriser une modification au zonage pour permettre aux ouailles du pasteur Guillaume Roy de venir s'installer définitivement dans la municipalité.

«Mais, il y a un peu de ça. Nous, au conseil, on n'embarque pas là-dedans. La liberté de religion est un droit reconnu dans la charte du pays.»

Tant et si bien que le conseil municipal au grand complet fait des pieds et des mains pour faciliter la tâche du jeune pasteur.

Dans l'état actuel de l'économie, «quelques locaux vides, ce n'est pas l'idéal, dit le maire. Maintenant, si les commerçants aiment mieux avoir des locaux vides qu'avoir des activités comme celles de l'Église baptiste, c'est leur choix».

Motifs religieux

Annie Lévesque, la proprio de l'animalerie où le pasteur baptiste voudrait bien s'installer, ne doute nullement que des motifs religieux sous-tendent les objections des autres commerçants. Mais sa remarque peut paraître intéressée, puisque c'est elle qui vend son aire de commerce au pasteur baptiste. «Les occasions de vente sont de plus en plus difficiles en temps de crise, Quand ça passe au financement bancaire, c'est encore plus intéressant», avoue-t-elle.

«On ne tient que trois réunions par semaine, à des heures qui n'entrent pas en conflit avec l'activité commerciale habituelle, fait remarquer le pasteur. Nous sommes une vingtaine dont bon nombre se déplacent à pied, D'autres arrivent de Portneuf et font du covoiturage. La Ville entend aménager 15 places de stationnement supplémentaires près de la bibliothèque. Nous ne sommes pas des envahisseurs. On n'est pas agressants. On ne va pas essayer de les convertir.»

«Dans Place Jean-Juneau, fait remarquer le pasteur, il y a une clinique chiropratique. C'est pour soigner les maladies du corps. Nous, on soigne les maladies de l'âme. On ne fait rien de mal.»

Comme les commerçants sont les seuls propriétaires habilités à voter pour accepter ou refuser les modifications au zonage, le

sort de la nouvelle église leur

appartient.

«On va aller signer le registre», promet la chocolatière.

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