Le plan de l'administration Labeaume pour assurer gratuitement 3,5 heures de glace à tous les jeunes hockeyeurs de Québec est perçu comme un recul dans l'arrondissement à la tête des ponts. La raison en est simple : Sainte-Foy-Sillery était l'endroit le mieux fourni, seul secteur de la ville à offrir déjà gratuitement les heures de glace à ses jeunes.
Or, l'harmonisation du service à la grandeur de la ville viendra ainsi réduire le temps de glace accordé aux jeunes Fidéens ou Sillerois. Afin de le maintenir, les organisateurs n'auront d'autre choix que d'augmenter leurs frais d'inscription pour payer les 138 $ que la Ville compte facturer par heure supplémentaire de glace louée dans les arénas.
«Les heures qui vont nous manquer - parce qu'il va nous en manquer -, il va falloir qu'on les achète», soutient Yves Desrochers, président de l'Association de hockey mineur de Sainte-Foy-Sillery, qui compte 727 jeunes hockeyeurs.
«Il va falloir compter ça pour arriver», dit également Denis Curaudeau, président du Regroupement de hockey Québec-Ouest.
La hausse risque surtout de toucher les joueurs d'élite. En effet, si 3,5 heures de glace suffisent pour la plupart des jeunes, ceux de haut calibre doivent pratiquer davantage. Hockey Québec suggère 4,5 heures pour les catégories CC et BB et 6,5 heures pour le AA. Quant au niveau midget AAA, on parle de 13 heures.
Pour éviter de payer des heures supplémentaires, les associations risquent ainsi de priver leurs joueurs de niveau moins compétitif pour en offrir davantage à ceux de plus haut calibre. Afin d'éviter une telle situation, Hockey Québec s'attend à voir la Ville adopter bientôt une politique pour le sport d'élite.
Malgré tout, le président régional de la Fédération québécoise de hockey, Pierre Verville, voit dans la gratuité une avancée pour la capitale. «C'est une bonne nouvelle. Au moins, c'est uniforme dans la ville, ce qui ne l'était pas depuis la fusion», résume-t-il.
Plus pour moins
En effet, si Sainte-Foy-Sillery perd en heures de glace, d'autres secteurs gagnent au change. À commencer par Beauport, qui offrait à peine 2,67 heures de hockey par jeune, indique le président de l'association locale, André Bernier.
Le manque de patinoires était tel dans ce coin de la ville que l'Association devait louer des heures de glace à Beaupré pour permettre à ses 1150 jeunes de jouer. Ces derniers risquent maintenant de voir cet «exode» d'un drôle d'oeil puisqu'ils seront parfois appelés à jouer au Colisée.
La gratuité pourrait faire économiser aux parents de Beauport de 20 à 60 $, selon M. Bernier. L'économie risque d'être plus modeste dans l'ancienne ville de Québec puisque leur association de hockey louait la glace au tarif avantageux de 9 $ de l'heure. La location dans d'autres arrondissements pouvait varier entre 30 $ et 60 $ de l'heure.
Rappelons qu'au-delà des heures de glace, les frais d'inscription servent à payer le salaire des arbitres, l'organisation des tournois ou encore l'achat de certains équipements comme des rondelles, des chandails et gourdes.
Après avoir connu des années de vaches maigres, la popularité du hockey a recommencé à grimper, les différentes associations observant une hausse de 10 % à 12 % d'inscriptions depuis cinq ans.

















