«C'est un site naturel», résume Geneviève Marcon, de GM Développement, qui verrait d'un bon oeil le déménagement du Marché du Vieux-Port, à condition qu'il participe à la relance d'un quartier, que ce soit le sien ou un autre.
Tous les experts en urbanisme s'entendent pour dire qu'un marché public doit être situé dans un quartier habité, au centre de la ville, et être facilement accessible à pied ou en autobus. Cela afin de devenir «un lieu de passage et non pas une destination», résume Gérard Beaudet, de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal.
Dans une ville comme Québec, où l'automobile règne en maître, la proximité des grands axes routiers est aussi essentielle. La présence d'autres attraits, commerciaux ou culturels, susceptibles d'attirer et de retenir la clientèle, n'est pas à dédaigner non plus. Le terrain donnant sur Dorchester possède toutes ces qualités et plus encore.
Un lieu idéal
«Les lieux se prêtent parfaitement à l'aménagement d'un marché. Avec la pente naturelle du terrain, ce serait facile de construire un stationnement souterrain. Et puis il y a la rue Saint-Vallier juste à côté, qui pourrait accueillir des petits commerces complémentaires à l'année», nous expliquait l'an dernier l'architecte Pierre Thibault.
Nous lui avons reparlé et il est toujours aussi enthousiaste. Il croit que cet équipement pourrait devenir un «pôle d'attraction incroyable» pour Québec. «À Montréal, tout le développement se fait maintenant autour du marché Jean-Talon», fait-il remarquer. «Ça pourrait faire passer le quartier [Saint-Roch] de l'enfance à l'adolescence.»
Étienne Dussault-Lepage a couché sur papier le fantasme du marché public dans Saint-Roch, quand il étudiait à l'École d'architecture de l'Université Laval. C'est en planifiant une station intermodale, où les citoyens pourraient faire le choix de l'autobus, de l'automobile ou du vélo, que le jeune homme a eu l'idée de proposer un nouveau toit pour les producteurs et les transformateurs agricoles parce qu'il trouvait le marché du Vieux-Port «déconnecté de la ville».
Le nouveau lieu de commerce aurait l'avantage de concentrer l'énergie de la ville et les couleurs de la campagne dans des installations pratico-pratiques, mélange parfait de ce qui nous plaît en Europe et de ce qui nous sert bien à Montréal.












