Du coucher au lever du soleil, des centaines d'artistes présentent leurs oeuvres aux passants pendant que des dizaines de galeries, d'écoles, de studios ouvrent leurs portes. Il y a les complètement flyés, comme ces zombies qui s'adonnent au body painting dans la rue Queen West, des commerces qui prêtent leurs vitrines aux vidéastes pendant que les Allemands du projet Blinkenlights illuminent l'hôtel de ville de Toronto.
Il y a des artistes établis, comme Yoko Ono, qui a installé son Wish Tree, un arbre dans lequel les passants placent des messages de paix. Et il y a des artistes d'ici, comme le trio BGL, qui a recouvert une rue de son plafond suspendu. Partout, les promeneurs nocturnes sont invités à dessiner, à chanter, à danser et à découvrir. L'an dernier, une foule évaluée à un million de personnes a plongé dans la faune artistique.
Formule extérieure
Montréal a aussi sa Nuit blanche depuis six ans, à l'occasion du Festival Montréal en lumière. Cette année, elle a eu lieu le 28 février et 165 activités étaient proposées.
Mais février oblige, la plupart des activités sont présentées à l'intérieur. À Toronto, ça se passe dehors. C'est pourquoi la version torontoise inspire surtout Le Soleil.
Et pas que Le Soleil d'ailleurs. Au bout du fil, Émile Morin, directeur artistique du Mois Multi se prend à rêver à haute voix. «C'est une formule très intéressante, où les artistes vont à la rencontre des gens. Ça permet de voir la ville autrement», dit-il.
Le Mois Multi, un événement d'arts multidisciplinaires, se tient en février depuis 10 ans. Mais en 2008, on a exceptionnellement ajouté un volet extérieur en septembre. «On a vu le potentiel d'occuper une ville. On a des idées», dit Émile Morin, toujours à l'affût de ce qui se fait ailleurs. Il cite le TodaysArt Festival (http://todaysart.nl) de La Haye aux Pays-Bas.
Émile Morin se dit aussi convaincu que les gens de Québec participeraient à une éventuelle folle nuit d'art contemporain. L'année du 400e a prouvé que les gens étaient intéressés à des propositions audacieuses, dit-il. Une effervescence sur laquelle la capitale doit miser.
Même enthousiasme du côté de Jasmin Bilodeau de BGL, qui a participé à la Nuit blanche de Toronto en octobre. «On a adoré ça. Ce serait super à Québec. Ça amène les gens dans la rue tard la nuit.» L'artiste voit aussi dans la formule un volet d'éducation à l'art contemporain, un peu comme l'a fait le Moulin à images de Robert Lepage. BGL a d'ailleurs présenté son oeuvre Le club à l'Espace 400e l'été dernier.
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