Incendie du Manège militaire: la faute d'une lampe oubliée?

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Le feu qui a fortement endommagé le Manège militaire de Québec a été causé par une lampe halogène oubliée.

Photothèque Le Soleil

 

Matthieu Boivin
Le Soleil

(Québec) L'incendie du Manège militaire de Québec pourrait avoir été provoqué par la lumière chaude d'une lampe halogène oubliée allumée à proximité de la charpente en bois du toit.

Telle serait actuellement la cau­se privilégiée par les enquêteurs du service des incendies de la base de Valcartier et leurs collègues basés à Ottawa, à la suite des nombreuses expertises qui ont été menées afin d'élucider le mystère de l'incendie qui a détruit le quartier général des Voltigeurs de Québec, dans la nuit du 4 au 5 avril 2008. L'incendie aurait pris naissance dans la section centrale du toit, au-dessus de la salle d'armes. C'est une source crédible qui a transmis cette information au Soleil.

Des travailleurs d'un sous-traitant de l'armée, dont l'identité demeure toujours inconnue, ont travaillé le 4 avril afin d'installer un système de gicleurs dans l'édifice. Ils ont quitté les lieux en fin d'après-midi et l'incendie s'est déclaré vers 21h30. L'édifice n'était pas surveillé.

Comme ils devaient besogner dans un toit où la lumière était faible, les ouvriers ont eu recours à des lampes sur pied comme éclairage d'appoint. À la fin de leur quart de travail, en fin d'après-midi, les ouvriers auraient oublié une de ces lampes allumée, pointée vers le mur, à proximité de la charpente en bois.

Ce type de lampe d'appoint, qui fonctionne généralement à l'halogène, peut dégager une très gran­de chaleur, qui peut faire grimper le mercure à quelques centaines de degrés Celsius. Laissée durant plusieurs heures à proximité d'une surface en bois, la lampe aurait pu l'enflammer.

La chaleur aurait ainsi fait accélérer le processus d'assèchement de la structure en bois. Et comme la surface avait déjà per­du beaucoup de son humidité au fil des décennies, elle s'est enflammée. Et si le bois était recouvert de vernis, un produit inflammable, la lumière de la lampe aurait pu allumer l'incendie encore plus facilement.

Les autres hypothèses

Une deuxième source très crédible a confirmé au Soleil que cette cause - la plus probable - de la lampe oubliée faisait partie des quatre ou cinq hypothèses finales qui ont été étudiées plus à fond. Une de ces hypothèses pourrait toujours être montrée du doigt, à la place de celle de la lampe.

Une dizaine d'hypothèses ont été mises sur la table au début de l'enquête avant que les enquêteurs ne réduisent cette liste de moitié. Dès les premiers balbutiements de l'enquête, l'hypothèse de la main criminelle a été écartée.

Les enquêteurs auraient donc étudié en profondeur la possibilité que de l'eau se soit infiltrée dans l'édifice par le toit, et qu'elle soit entrée en contact avec un fil électrique dont la protection extérieure était abîmée. L'eau aurait ainsi pu atteindre le fil alimenté en électricité, provoquant un court-circuit.

Les enquêteurs ont aussi appris que les travailleurs ont retourné des néons, qui éclairaient normalement la salle d'armes, en direction du toit, afin d'améliorer l'éclairage. Après le départ des employés, une particule inflammable aurait pu tomber sur ces néons toujours chauds, ce qui aurait permis au feu de prendre naissance.

Les travailleurs du sous-traitant ont utilisé une rectifieuse afin de couper des tuyaux visant à construire le système de gicleurs. Est-ce qu'au contact de ces mêmes tuyaux, l'appareil aurait pu créer une étincelle, qui aurait pu alimenter le feu ultérieurement? Cette hypothèse a aussi été étudiée.

Les enquêteurs ont également procédé à la vérification du calibre des rallonges électriques utilisées pour alimenter l'outillage.

L'article de fumeur a aussi été regardé de près. Un mégot mal éteint par un travailleur aurait peut-être pu mettre le feu à l'édifice, comme cela arrive souvent dans des maisons privées ou des appartements.

Il est à noter qu'une source a affirmé que l'enquête pourrait ne pas être en mesure de cibler une cause probable. «Ça fait partie des possibilités, a affirmé cette source. On parlerait donc d'une cause indéterminée.»

Comme elle le fait depuis le début de l'enquête entamée il y a 14 mois, l'Armée canadienne refuse de parler des détails de l'enquête. Une porte-parole des For­ces canadiennes, Lynne Rattray, a indiqué au Soleil la semaine dernière que l'enquête devait être complétée avant la fin du «printemps 2009». L'été commence officiellement dans sept jours. La porte-parole n'a pas pu dire quand les conclusions de cette enquête seront dévoilées officiellement.

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