«Ils ont décidé de réorienter leur projet», explique au Soleil le ministre responsable de la Capitale-Nationale. Les entreprises pharmaceutiques qui devaient financer l'entreprise auraient quitté le navire. Si bien que le conseil d'administration remet en question les plans... et considère que l'Université Laval doit prendre le contrôle du projet qui devait permettre la création de 2000 emplois, selon les informations obtenues par M. Hamad et son entourage.
Le directeur de la recherche au Centre hospitalier Robert-Giffard, le Dr Michel Maziade, soutenait toujours, il y a quelques mois, que sa NeuroCité verrait le jour. Fin 2008, il affirmait au Soleil que le salut de la recherche de pointe sur le cerveau dans la capitale passait par l'érection de ce lieu de communion entre les entreprises pharmaceutiques et les chercheurs.
Mais, début juin, le maire de Québec, Régis Labeaume, avait vivement attaqué les compétences des gestionnaires de la NeuroCité. Durant le conseil municipal, il avait demandé «de très gros changements» à la tête du groupe. Il soutenait même que la Ville n'entendait plus céder ses terrains du secteur D'Estimauville à la NeuroCité. M. Labeaume avait ensuite tempéré : sans écarter l'équipe en place, il fallait y «ajouter des compétences».
«Le maire sera toujours dans le projet, précise son attaché de presse, Paul-Christian Nolin. [Mais] les personnes qui sont là n'ont peut-être pas assez d'expérience.»
Une bonne idée
Annoncé en 2007, le projet de NeuroCité devait sortir de terre dès 2009 ou 2010. Le Dr Maziade se donnait toutefois jusqu'en 2017 pour y déménager le centre de recherche de Robert-Giffard et y attirer une dizaine d'entreprises pharmaceutiques ainsi qu'une dizaine de boîtes de haute technologie. Le ministre Sam Hamad a souligné, lundi, que le gouvernement considère toujours que l'idée est bonne.
Malgré les révélations, l'Université Laval affirme ne pas détenir d'information quant à la nouvelle vocation de la NeuroCité. «Pour nous, le projet est encore là, il n'y a pas de changements majeurs», commente un porte-parole, Martin Guay.
Le promoteur du projet, le Dr Michel Maziade, nous a dirigés vers une firme de relations publiques. Malgré de nombreux appels, personne n'a répondu à nos questions.
CHRONOLOGIE
Mai 2007 Le Dr Michel Maziade dévoile son projet de NeuroCité, un complexe en recherche scientifique qui doit engendrer des
investissements de 250 millions $ et créer 2000 emplois d'ici 2017.
Décembre 2007 Deux entreprises annoncent être prêtes à se greffer à la NeuroCité dans D'Estimauville plutôt que de se diriger dans la métropole.
Mars 2008 La Ville de Québec se dit prête à avancer 1 million $ au projet.
Janvier 2009 Des doutes commencent à être soulevés sur
l'avenir de la NeuroCité.
Juin 2009 Le maire Labeaume demande un changement à la tête du projet, mais apporte des bémols le lendemain pour demander simplement l'ajout de nouvelles personnes.













