«On était en phase finale de discussion avec une compagnie pharmaceutique», nous a expliqué l'ancien maire, qui est sorti de ses vacances pour dissiper un peu le brouillard entourant le projet de complexe de recherche sur le cerveau de 250 millions $. Le bailleur de fonds a toutefois fait marche arrière, il y a peu.
Mardi, Le Soleil révélait que le projet est sur la glace. D'ailleurs, M. L'Allier, président du conseil d'administration de la Corporation NeuroCité, a convoqué les administrateurs cette semaine afin de sceller sa destinée. Selon le plan initial, une vingtaine d'entreprises, un centre de recherche et 2000 employés se seraient installés dans le secteur D'Estimauville d'ici 2017.
«Il semble qu'il y a des gens qui ont dit : ?Non, on ne veut pas que ce soit fait comme ça? à l'Université. [...] Nous, on pensait innover et on n'a pas réussi.»
Modèle traditionnel
Plutôt que la construction d'un regroupement d'entreprises pharmaceutiques et technologiques de pointe à l'est de la ville, l'Université Laval préférerait «le modèle traditionnel» des chaires de recherche implantées dans ses pavillons, évalue Jean-Paul L'Allier. La Ville, la NeuroCité et l'Université Laval n'auraient pas su développer suffisamment d'intérêts communs.
«Ce n'est pas un drame», tempère Jean-Paul L'Allier, soulignant que le projet est toujours viable. Il craint néanmoins un exode des cerveaux : «Si vous faites en sorte que vos chercheurs ne sont pas heureux à Québec, qu'est-ce qu'ils vont faire?» Le centre de recherche installé à Robert-Giffard manque de billes pour les sustenter tous, pour financer tous les chercheurs, regrette-t-il. Voilà pourquoi il faudrait développer un lieu de rencontre entre les capitaux du secteur privé et ces universitaires. «Sans ça, tout va filer vers l'Ontario.»
Comme Robert Lepage et les Violons du Roy, Québec doit savoir séduire ses chercheurs pour qu'ils s'installent à demeure, ajoute M. L'Allier.
Mardi, un des porte-parole de l'Université Laval, Martin Guay, soutenait toujours que le projet suit son cours normal.
Qu'ils s'entendent, dit Bolduc
Le ministre de la Santé, Yves Bolduc, appuie toujours le projet de NeuroCité, mais à condition que tout le monde s'entende. «On va leur laisser régler leurs affaires et quand on verra plus clair dans le dossier, on verra comment on va pouvoir les supporter.» Le ministre estime que le contexte économique pousse les compagnies pharmaceutiques à revoir leur mode d'investissement. Une nouvelle réalité qui fait que «le projet est un bateau qui prend l'eau», illustre-t-il.
«Ce que je comprends est que la Ville et l'Université Laval ont des questions par rapport à la gouvernance. Comme gouvernement, on va appuyer le projet avec des partenaires qui trouvent que ç'a de l'allure. Pour un projet comme ça, il faut un consensus des promoteurs, des investisseurs et actuellement on ne sent pas qu'il y a de consensus. Il se peut que ce projet n'aille pas de l'avant. Ça va dépendre des conditions.»













