Un dernier adieu à la chapelle des Franciscaines

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Un dernier adieu à la chapelle des Franciscaines

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Le bâtiment centenaire de la chapelle des Franciscaines, sur la Grande Allée, à Québec, est maintenant réduit à un monticule d'acier, de brique, de vitre et de bois.

Le Soleil, Erick Labbé

Nadia Ross
Le Soleil

(Québec) Ça y est! Les pelles mécaniques ont commencé leur travail de démolition de la chapelle des Franciscaines sur la Grande
Allée. Le tiers des structures avaient été mises en pièces, hier après-midi. Le tout est temporairement transformé en monticule d'acier, de brique, de vitre et de bois. Des murs éventrés révèlent des escaliers qui ne mènent nulle part, ces marches que les religieuses puis des personnes âgées ont gravies pendant leurs 100 ans d'existence.

Mais le clou du «spectacle» devrait se produire aujourd'hui ou demain, quand le dôme et la chapelle seront détruits, dit Anne Guérette, architecte et conseillère municipale indépendante du district de Montcalm.

«On le savait que ça s'en venait. Mais, tant que les bulldozers ne sont pas là, on garde espoir de changer les choses», ajoute celle qui s'était battue pour la survie du bâtiment ancien. «Cependant, c'est toujours difficile de voir un de nos édifices historiques disparaître, dit-elle. C'est l'identité de l'avenue qui est en jeu si on rase tout.»

Les projets de revitalisation étaient multiples. La mise en place d'un réseau de bâtiments à vocation culturelle avait été imaginée. Mais il n'y a jamais eu d'ouverture, ni à la Ville, ni au ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, déplore Mme Guérette. «Dans cinq ou six ans, on va avoir un beau projet culturel, mais on n'aura plus de place pour le faire!» se désole-t-elle.

Beaucoup de curieux

La démolition attire aussi l'attention de la population. Sur place, des gens s'agglutinent près des barrières et le spectacle soulève de vives réactions. «Ça me brise le coeur de voir un si beau bâtiment se faire détruire», chuchote une dame de passage devant l'imposante façade de la chapelle. «Je ne conçois pas qu'un tel bâtiment ne soit pas protégé par des lois. À Victoria, ce ne serait pas possible!» lance une Québécoise qui habite maintenant dans l'île de Vancouver.

Plus loin, un résidant du quartier regarde le chantier, davantage ébahi par son ampleur que par la tristesse d'assister à l'envol en poussière d'une part de patrimoine. «Ça doit être difficile pour ceux qui ont habité là. Sinon, c'était presque rendu dangereux», laisse-t-il tomber.

Ce sont là des arguments qui reviennent régulièrement, rappelle Mme Guérette. «Coûts de rénovation trop élevés, présence d'amiante, toits qui coulent... Toutes les défaites sont bonnes», illustre-t-elle, non sans évoquer que la Ville est présentement en réflexion quant à savoir ce qui sera protégé et ce qui ne le sera pas dans le secteur.

Par l'intermédiaire du programme particulier d'urbanisme (PPU), actuellement en cours, la Ville réfléchit à la façon dont elle veut aborder le développement du secteur entourant la colline parlementaire. «C'est un exercice primordial, mais on aurait dû suspendre tous les projets de démolition pendant cette réflexion», clame Mme Guérette en ajoutant que le PPU devrait prendre fin

en février.

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