Mardi matin, le maire Régis Labeaume a dit ne pas croire aux déficits récurrents des FrancoFolies et il a laissé entendre que l'Équipe Spectra, qui en est le gestionnaire, se remplissait les poches avec l'argent des gouvernements. Aussitôt, le président du festival montréalais et de Spectra, Alain Simard, s'est défendu de manquer de transparence.
«On n'a jamais rien caché, a-t-il dit en conférence de presse. Spectra reçoit 200 000 $ d'honoraires pour les services de huit personnes affectées aux FrancoFolies. Spectra perd probablement de l'argent... On le fait pour la cause. L'an passé, on a fait un don de 100 000 $ aux Francos pour éviter le déficit.»
«Spectra gère un organisme sans but lucratif (OSBL) et se paie en frais de gestion. Je ne dis pas que c'est mauvais, je dis que le gouvernement doit le considérer. Le Festival d'été est une OSBL qui appartient au public ici depuis 42 ans et t'as pas le droit de prendre des chances d'affecter ça pour faire en sorte qu'une entreprise privée fasse plus d'argent», a martelé le maire Labeaume, furieux contre les gestionnaires des FrancoFolies.
«Si les FrancoFolies veulent décider unilatéralement de changer les dates, qu'ils laissent tomber les subventions et qu'ils jouent un match d'entreprise privée. Mais à partir du moment où ils acceptent des subventions des gouvernements, ils doivent jouer avec les autres», a estimé M. Labeaume, ajoutant que l'équilibre entre les dates des festivals est fragile et que le Festival de la chanson de Tadoussac souffrira aussi de cette décision.
Le maire de Québec a précisé avoir été consulté la semaine dernière par le ministre Raymond Bachand, responsable de la région de Montréal, au sujet d'un changement de dates des FrancoFolies. M. Labeaume a montré alors sa volonté de négocier avec le festival montréalais et le Festival d'été. Or, il a appris lundi, en même temps que tout le monde, que les Francos avaient pris leur décision.
«C'est à mon sens très cavalier, a-t-il réagi. Alors que tout le monde était de bonne foi la semaine dernière, M. Simard s'est comporté de la pire façon dans cette situation.»
Mardi, Alain Simard invitait les festivals à collaborer et promettait de ne signer aucune entente d'exclusivité avec les artistes invités aux FrancoFolies.
«Les craintes sont psychologiques plus que rationnelles. Que les Francos aient lieu deux semaines avant ou deux semaines après le FEQ, qu'est-ce que ça change? On se partageait déjà les artistes», s'est demandé M. Simard, soulignant au passage que la francophonie rayonne de moins en moins au festival de Québec.
S'il n'a pas jugé bon convenir d'une solution avec les autres festivals hors Montréal avant de faire son annonce, c'est en raison de la controverse de 2006, année pendant laquelle les Francos avaient été présentées en juin, le mois d'août étant accaparé par les Outgames à Montréal.
«La dernière fois, on est allé voir les autres et on a eu des discussions sincères et pendant qu'on parlait, ils sont sortis dans les médias et ils ont fait dérailler le projet. On s'est senti trahi.»
Le directeur du Festival d'été revenait de vacances mardi soir et tiendra une conférence de presse mercredi matin.















