Il y a deux semaines, la scribe, qui a oeuvré au Soleil au cours des 12 dernières années, a accepté l'offre faite par le maire quelque temps auparavant. L'annonce officielle de sa candidature se fera ce matin.
Sa première réaction a été de refuser net la proposition du maire. Mais l'idée a fait son chemin, et Mme Lemieux a succombé au chant des sirènes «après quelques nuits blanches». Elle affrontera donc aux urnes la conseillère indépendante Carole Bégin-Giroux, qui a quitté le RMQ à la mi-juin.
«Ma principale motivation est que j'aime Québec et que j'ai envie de l'aider à rayonner, commente Mme Lemieux. Je crois avoir certaines choses à apporter. J'ai le goût de passer à l'action.»
La femme de 40 ans, mère d'une jeune fille, a décidé d'épauler Régis Labeaume parce que, dit-elle, il est parvenu à débarrasser la ville de son climat de «morosité».
«Il a changé la mentalité à Québec avec son style, sa passion, affirme Mme Lemieux. Il a trouvé les mots et la façon. Ça m'a fait du bien de voir que Québec redevenait fière et relevait la tête.»
Au cours des deux dernières années, Mme Lemieux a été affectée presque entièrement à la couverture des Fêtes du 400e anniversaire de Québec. Elle a ensuite rejoint le bureau politique du Soleil et couvert l'élection du premier ministre Jean Charest à bord des autobus de campagne. Auparavant, Mme Lemieux, qui a couvert les affaires municipales pendant trois ans, a aussi été chroniqueuse et éditorialiste. Elle a travaillé pour Le Droit d'Ottawa, à titre de journaliste, pendant quatre ans.
La revitalisation du secteur D'Estimauville sera au coeur de ses priorités si elle obtient la confiance de ses concitoyens.
Le maire de Québec, lui, est fier comme un paon de sa nouvelle prise. Selon lui, l'adhésion de Mme Lemieux à son équipe équivaut à un sceau d'approbation du travail et de la vision de son administration.
«Si elle est prête à changer de carrière pour participer au projet, c'est qu'on ne doit pas être si pire, commente Régis Labeaume. On est peut-être pas si dans l'erreur que ça. Pour moi, ça veut dire des choses.»
Il se félicite de cette recrue et ne tarit pas d'éloges à son endroit. «Je veux des gens intelligents, compétents, qui ont du jugement, énumère-t-il. Je veux des personnalités fortes autour de moi, et Julie est l'incarnation de ça.»
La nouvelle venue en politique active, qui est en congé sans solde du Soleil pour un an, est consciente que son choix de carrière ne se fera pas sans heurt. Mais elle ne craint pas que cela soulève des interrogations sur le boulot qu'elle a abattu en tant que journaliste.
«Je pense qu'il n'y a personne qui peut me mettre une étiquette, affirme-t-elle. J'ai toujours fait mon travail avec intégrité et honnêteté. [...] J'en ai vu, des politiciens recevoir des coups, j'en ai donné quelques-uns. Je suis prête à ça. Comme journaliste, on en reçoit aussi souvent. Je sais que je vais avoir des luttes à mener. Mais c'est la vie. J'assume.»
Elle élargit donc le club des Gérard Deltell, Bernard Drainville, Christine St-Pierre et autres journalistes qui ont «sauté la clôture» avant elle.













