Le bâtiment verra le jour sur un terrain situé à l'est du boulevard D'Estimauville et au sud du boulevard Sainte-Anne. Il accueillait autrefois Woolco et sert aujourd'hui de stationnement et de dépôt à neige.
Le ministre de Travaux publics Canada, Christian Paradis, indique que le gouvernement versera à GM Développement 4,4 millions $ par année pendant 20 ans pour loger ses travailleurs. Au terme de ce bail, le fédéral deviendra automatiquement propriétaire du bâtiment et devra assumer les 295 000 $ annuels de frais de gestion.
«C'est la meilleure formule pour les finances publiques», a indiqué le ministre, qui ne pouvait, mardi, estimer l'économie réalisée en regroupant les 742 fonctionnaires dans un même édifice. Actuellement, ils sont répartis entre un immeuble de la route de l'Église, qui sera vendu, et le bâtiment de la gare Champlain, qui sera détruit.
L'édifice de huit étages comptera 17 643 mètres carrés d'espaces locatifs. Il sera construit selon des normes environnementales élevées en vu d'obtenir la certification LEED (Leadership in Energy and Environmental Design). Sa structure sera composée de verre, de pierre et même de végétaux sur une partie de sa toiture. Aussi, 175 places de stationnement seront disponibles.
À une question d'un journaliste, M. Paradis a affirmé que l'affaire Julie Couillard (lire l'autre texte) n'avait pas influencé le choix de l'entreprise pour la construction de l'immeuble. «Ça n'a rien à voir avec ce qu'on a entendu. GM Développement est la seule firme qui s'est qualifiée [qui répondait aux exigences de l'appel d'offres] et c'est la moins chère.»
Un premier pas
Le ministre n'a pas nié que la mobilisation autour d'une relocation des fonctionnaires dans D'Estimauville plutôt qu'ailleurs sur le territoire a joué en faveur de l'annonce faite mardi. «Il y a eu de la pression du caucus québécois [caucus conservateur] et particulièrement de Sylvie Boucher [député de Beauport-Limoilou]», a-t-il indiqué, se gardant bien de parler des autres pressions, celles faites par les élus de tous partis confondus et par le maire Régis Labeaume.
Évidemment, l'arrivée d'autant de nouveaux travailleurs dans le secteur est considéré d'un bon oeil pour revitaliser le quartier. Tout sourire, Mme Boucher croit que la majorité des gens seront d'accord avec l'endroit choisi et elle espère que le projet servira à attirer d'autres promoteurs «pour redonner vie à cet ancien pôle commercial» aujourd'hui déserté.
«On va participer au développement d'un secteur qui en a grandement besoin», croit pour sa part Jean Campeau, qui, avec sa femme Geneviève Marcon, est à la tête de GM Développement, entreprise reconnue dans la revitalisation de Saint-Roch.
Mme Marcon voit d'ailleurs des similitudes avec D'Estimauville. «On est capable de reproduire ce qu'on a fait dans Saint-Roch», avance-t-elle. Pour cela, Mme Marcon souhaite voir autre chose que des immeubles de bureaux. «Il faut de la mixité.»
À ce sujet, le maire Labeaume compte faire connaître cet automne un nouveau plan de développement du quartier après la mise sous le respirateur artificiel, cet été, du projet de NeuroCité en lien avec l'Université Laval. Un projet qui devrait inclure un concept d'habitations résidentielles.
Motus et bouche cousue
On aurait pu croire que le maire de Québec s'empresserait de commenter l'annonce du gouvernement fédéral. Pourtant, son attaché de presse a laissé savoir que M. Labeaume ne pouvait rien dire pour l'instant parce qu'il n'avait pas encore entre les mains les informations pertinentes.
Il faut mentionner que le maire n'avait pas été invité à la conférence de presse de Travaux publics Canada. Tout au plus, le ministère l'a avisé lundi soir que la conférence se déroulait le lendemain.











