Le prix des maisons bondit de 31 % à Québec

La valeur des maisons a augmenté du tiers... (Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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La valeur des maisons a augmenté du tiers à Québec entre 2006 et 2009.

Photothèque Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
Le Soleil

(Québec) Le rêve des jeunes familles de s'acheter un bungalow pour élever leurs enfants devient de plus en plus cher à Québec. La pénurie d'espace affectant la capitale a fait grimper la valeur des maisons de 31 % au cours des trois dernières années. Et se faire construire est tout aussi onéreux alors que le prix des rares terrains encore vacants a explosé de 55 % depuis 2005.

Québec dévoilait mardi son nouveau rôle d'évaluation, cet exercice grâce auquel l'administration évalue la valeur des propriétés afin d'établir le compte d'impôt foncier de ses citoyens. Signe de la santé économique de la capitale, la maison moyenne vaut maintenant 211 162 $, contre 160 873 $ en 2005.

Durant son exercice de réévaluation des 166 000 propriétés sur son territoire, la Ville de Québec a noté que les maisons situées dans les secteurs plus éloignés du centre-ville ont gagné plus rapidement en valeur. «En périphérie, la valeur des terrains a augmenté substantiellement», observe Pierre Huot, directeur du Service de l'évaluation de la Ville.

La plus forte hausse se trouve dans le secteur de Lac-Saint-Charles où la valeur des propriétés a augmenté de 35 %. Une maison moyenne y vaut maintenant 173 635 $, contre 128 463 $ en 2005.

Bungalow-ville

«Le bungalow est un phénomène très Québec. Les gens, plus qu'ailleurs, viennent habiter ici parce qu'ils veulent vivre dans un bungalow et avoir 10 000 à 15 000 pieds carrés de terrain», note le maire ,Régis Labeaume, à la suite de cet exercice.

Et voilà, l'administration cherche à trouver comment continuer à attirer cette clientèle alors qu'une pénurie de terrains pointe à l'horizon. Selon les évaluations de la Ville, les espaces encore vacants pourront soutenir le développement au rythme actuel pour seulement quatre ou cinq ans encore.

Déjà, le prix de ces rares terrains encore libres a explosé de 55 % en moyenne depuis 2005. Et encore, leur valeur a carrément doublé à Saint-Augustin-de-Desmaures (103 %) en trois ans à peine. Tout comme pour la valeur des maisons, la plupart des secteurs en périphérie ont vu le prix des terrains vacants gonfler de façon importante, tout particulièrement à Loretteville (83 %), Val-Bélair (79 %), Saint-Émile (78 %) et Cap-Rouge (75 %).

Exode familial

Or, l'administration veut éviter de voir des citoyens fuir vers les municipalités voisines où le prix des terrains reste moins élevé.  «Ce qui est dangereux, c'est qu'on voit les gens qui veulent absolument un bungalow s'installer à Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier ou à Stoneham, s'inquiète le vice-président du comité exécutif de Québec, Richard Côté. Il faut absolument garder des terrains pour ça, parce qu'il y a un marché extrêmement important. Ce sont souvent de jeunes familles.»

Mais voilà, il n'existe pas pour l'instant de solution simple, reconnaît Régis Labeaume. «De dire qu'on va trouver d'autres terrains, c'est pas si simple.» Cette délicate question fait d'ailleurs partie du mandat du comité sur la mobilité durable mis sur pied par le maire. «C'est toute la question de l'aménagement du territoire, des transports, de la densification douce. C'est le gros mandat qu'a le Comité sur la mobilité durable. Le défi, il est là. De bâtir avec les terrains qui se font plus rares», résume le maire.

Ce dernier dit ne pas vouloir en venir à tenter de convaincre les citoyens de délaisser le rêve du bungalow pour se tourner vers des habitations plus denses. «On ne commencera pas à influer sur le choix des gens. C'est pas notre affaire. Ceci dit, s'il y a moins de place ou si c'est moins accessible parce que la valeur des terrains augmente, c'est à nous d'avoir un plan pour faire en sorte qu'il soit agréable d'habiter dans le centre-ville. Au niveau de l'environnement, de l'architecture, que ce soit attrayant. Mais on ne commencera pas à dire aux gens où aller habiter», de dire M. Labeaume.

Pour l'instant, le rôle d'évaluation semble toutefois indiquer que les condos ont nettement moins la cote que les bons vieux bungalows. Durant les trois dernières années, leur valeur a augmenté moins rapidement, affichant une hausse s'établissant tout de même à 25 %.


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