«Terrain en préparation : interdiction de jouer sur cette surface», indique une pancarte bleue sur laquelle on peut également voir un ballon de soccer dans un cercle. Le message a beau être clair, c'est l'incompréhension pour les résidants du secteur au pied de la côte Gignac qui s'indignent de voir ces deux immenses pelouses vertes sous-utilisées.
En deux ans, une voisine dit avoir vu des gens jouer à la pétanque, d'autres au croquet. Mais pas au ballon rond, même si, ironiquement, d'immenses filets ont été disposés tout au long de l'été.
Une situation plutôt paradoxale, alors que l'Association régionale de soccer de Québec (ARSQ) dénonce depuis plusieurs années la pénurie de surfaces de jeu dans la région. «C'est ridicule, on a deux beaux terrains, et personne n'y joue. Je ne comprends pas», s'indigne une voisine qui préfère ne pas être identifiée... puisqu'elle travaille pour la Ville.
L'ARSQ a bien tenté d'y prévoir des parties cet été, mais le club local a refusé. Trop dangereux, résume son directeur général Maxime Barabé. La clôture d'un mètre et demi aurait laissé passer trop de ballons en touche et ceux-ci auraient invariablement fini leur course parmi les voitures circulant sur le boulevard Champlain.
Filets protecteurs demandés
«En 2008, on a fait part à l'arrondissement qu'on jugeait qu'il fallait ajouter un filet protecteur. C'est situé près du boulevard Champlain et il y avait trop de danger qu'un ballon finisse dans le pare-brise d'une voiture», indique M. Barabé.
Mais depuis, rien. Les bancs de pierre blanche disposés le long des terrains attendent toujours d'accueillir leurs premiers spectateurs. Pour seule usure, ils portent de nombreuses égratignures, signe que les amateurs de planche à roulettes ont adopté le coin. Le petit bâtiment de service aménagé pour permettre aux joueurs de se changer reste vide. La parfaite pelouse verte de ces terrains tranche avec le sol souvent dégarni sur lequel plusieurs équipes doivent s'affronter.
Les filets protecteurs devraient être installés cet automne, indique Claudia Caron, porte-parole de la Ville de Québec. Il en coûtera 95 000 $ pour protéger les 200 mètres du boulevard bordant ces deux terrains.
Construits dans la foulée de la cure de jeunesse de 70 millions $ offerte à ce secteur, les terrains appartenaient encore à la Commission de la capitale nationale. Et comme celle-ci a pour mandat d'embellir la ville et non d'y organiser des activités sportives, il fallait donc signer une entente pour céder l'endroit à l'administration municipale. Le tout s'est réglé à la fin de juillet, selon Mme Caron.
Les premiers joueurs de soccer devraient donc pouvoir fouler leur sol l'été prochain.











