Des 51 hôtels du Vieux-Québec, pas moins de 31 sont établis en «zones non autorisées». Un premier règlement en matière de zonage dans le quartier a été établi en 1977. Tous les hôtels qui ont été établis avant cette date ont donc un droit acquis. Ceux qui ont ouvert leurs portes après doivent détenir un permis, sans quoi ils sont en infraction. Il reste que plusieurs établissements ont vu le jour sans que leur propriétaire n'ait obtenu d'autorisation. La vocation très touristique du quartier a sans doute incité la ville à faire preuve de souplesse dans l'application du règlement, mais aujourd'hui les autorités veulent trancher la question une fois pour toutes. «Certains propriétaires ont déjà eu des avis. Mais pendant des années, on ne connaissait pas l'existence de certains hôtels. Notre objectif est de trouver des solutions pour éviter la judiciarisation des dossiers», indique Jacques Faguy, directeur de la gestion du territoire de l'arrondissement de La Cité.
Les propriétaires des hôtels Champlain, Louisbourg, Hippocampe, Manoir d'Auteuil, Le Château de la Terrase, et le Gîte de l'Intendant demandent qu'on leur accorde l'autorisation d'être exploités en toute légalité. Plusieurs font valoir que le bâtiment qu'ils occupent a une vocation hôtelière depuis parfois des décennies.
«Tous les documents qu'on a reçus ou consultés nous considèrent comme un hôtel. Et puis on a fait quelque chose de beau qui a ajouté au patrimoine de la ville» plaide Michèle Doré, copropriétaire de l'Hôtel Champlain.
Jean-François Côté, propriétaire de l'Hôtel Louisbourg, a lui aussi tenté de démonter son droit acquis. «On a retrouvé des documents qui disaient que le bâtiment était un hôtel depuis le début des années 50.»
Le représentant de l'Hôtel Hippocampe, Yves Duhaime, a mis l'accent sur le caractère unique de son établissement. «Nous avons une clientèle gaie qui ne fait pas concurrence aux autres établissements. Depuis que nous avons acheté le bâtiment, nous avons fait d'importants travaux de mise en valeur.»
«Je n'ai pas l'intention de perdre des chambres. Nous voulons rénover un hôtel situé dans le plus bel endroit de Québec. Notre but n'est pas d'augmenter le nombre de chambres, mais la qualité de l'établissement», a dit Christianne-Marie Bès, propriétaire de l'hôtel Château de la Terrasse.
Le comité de citoyens du quartier s'oppose fortement à toute nouvelle concession aux hôteliers ne disposant pas de droits acquis depuis 1977. Le président Louis Germain a promis d'«être intraitable sur les sans-droits. Le tissu résidentiel a été grugé, trop grugé. Il n'y aura aucun accommodement. Nous ne serons ouverts qu'à des mesures compensatoires, uniquement de façon très exceptionnelle».
Du côté du conseil de quartier on se montre plus ouvert. «Il faut être souple. Faisons des compromis intelligents. Je pense que ces gens [les hôteliers] sont de bonne foi», a concédé Serge Béhar, président du conseil.










