Le Manège pourrait ne plus être militaire 

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Simon Boivin
Le Soleil

(Québec) La vocation publique que les autorités souhaitent donner au Manège militaire pourrait bien empêcher le régiment des Voltigeurs de réintégrer l'endroit.

Des informations colligées par Le Soleil, mardi, dénotent que différentes options ont été défendues par les acteurs impliqués dans la reconstruction du Manège au cours des derniers mois. Il semble toutefois que l'importance accordée à une plus grande accessibilité au public, qui serait difficilement compatible avec un bâtiment militaire, occupe le haut du pavé. Une avenue qui rend incertain le retour du régiment des Voltigeurs, à qui le Manège a servi de résidence officielle et de lieu d'exercice au cours des 122 dernières années.

Les quelque 350 soldats risquent de ne pas revenir au Manège, mais leur mémoire serait préservée dans un musée et un centre d'interprétation entièrement dédiés au plus ancien régiment canadien français. Il n'est pas exclu que des lieux de rencontres leur soient aussi réservés, mais pas de quartier général avec salles de formation et d'entraînement.

Disparition du stationnement?

Parmi les scénarios évoqués, il appert que le stationnement à l'arrière du Manège pourrait disparaître, rendant impossible de garer certains camions et de faire le transport d'équipement. Porte d'accès aux plaines d'Abraham, le Manège perdrait ses clôtures pour rendre l'endroit plus convivial et accueillant.

À la Fondation des Voltigeurs, qui mousse depuis des mois un projet de reconstruction du Manège, Yvan Lachance juge inconcevable que ce scénario soit retenu.

«De tous les dossiers qui ont été déposés, le plus complet, le plus professionnel, c'est le nôtre, plaide-t-il. Comment le comité pourrait conclure à quelque chose qui sortirait les Voltigeurs de là? Il faut qu'ils reviennent. Ça fait consensus même dans les hautes sphères de l'armée.»

Selon nos sources, la vocation publique du Manège serait plus compatible avec les projets d'aménagement de la place George-V et du parc de la Francophonie, juste en face.

Pas de scène

Selon TVA-Québec, le gouvernement conservateur aurait déjà fait son lit et opté pour un Manège militaire sans scène, ni intérieure ni extérieure, doté d'une salle multifonctionnelle de 1000 places qui pourrait accueillir notamment des réceptions et des congrès.

La gestion de l'endroit reviendrait à la Commission des champs de bataille nationaux. Mardi, son président, André Juneau, a assuré au Soleil qu'il n'en avait pas été informé. «Personne ne nous a contactés encore», a-t-il indiqué. Il a néanmoins effectué une demande au gouvernement fédéral pour obtenir la gestion du Manège, selon nos informations.

Le comité consultatif, composé de fonctionnaires de quatre ministères fédéraux, a entre les mains une première version du rapport de l'expert-conseil Jean Baillargeon, remis dans la foulée des «consultations» sur l'avenir du Manège. Son rapport final doit être rendu public sous peu. Mardi, M. Baillargeon s'est refusé à tout commentaire.

Au bureau de la ministre Josée Verner, une porte-parole assure qu'aucune décision n'a été prise quant à la vocation du bâtiment et que la question des coûts n'a pas encore été réglée. «Le gouvernement n'a pas encore eu le rapport sur les consultations, comment pourrait-on avoir pris une décision?» demande Isabelle Pelletier.

 

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