À son premier colloque sur l'innovation en architecture, Québec a réussi à attirer lundi plus de 350 promoteurs et architectes au Palais Montcalm afin de les sensibiliser aux nouvelles tendances. «L'architecture peut embellir une ville, mais peut aussi faire le contraire, l'enlaidir», a exposé le maire, Régis Labeaume, dans son discours d'ouverture. «Pourquoi laisser la ville s'enlaidir, pourquoi accepter n'importe quoi en termes d'architecture?»
Le maire Labeaume veut s'inspirer de trois villes pour le développement de Québec. De Stockholm, en Suède, et de son exemplaire éco-quartier Hammarby, ayant poussé au tournant des années 2000. De Barcelone en Espagne, «pour la conservation de son patrimoine au centre et l'éclatement de son architecture dans sa périphérie». Et de Chicago, qui a misé sur un mobilier urbain original.
Une architecture soignée peut aider à faire accepter la densification, assure Geneviève Vachon, professeure à l'École d'architecture de l'Université Laval. Oubliez les grands bâtiments plantés dans un stationnement ressemblant davantage à une mer d'asphalte. En misant sur de plus petits immeubles entourés de verdure, on peut construire autant de logements et amenuiser l'effet de leur arrivée.
«Pour la même densité, la perception d'entassement ou d'invasion va varier selon le type et la qualité des immeubles, la présence de parcs», a exposé Mme Vachon.
Une dizaine de projets puisés à l'étranger ont été présentés aux participants pour illustrer comment densification doit rimer avec intégration. Tous présentaient des densités élevées dont l'architecture avait permis de réduire l'effet sur leur environnement. Et tous avaient également en commun un accès réduit aux voitures compensé par la présence importante de transport en commun.
L'architecte-artiste Florent Cousineau croit que la Ville doit imposer des critères artistiques dans ses permis de construction. «[Québec] devrait exiger que ça soit inscrit dans les demandes de permis. Qu'il y ait une intégration artistique. Vancouver l'a fait. Oslo [Norvège] l'a fait. Pour tout projet, le promoteur devrait contribuer à l'art public, architectural et artistique. Jean-Paul L'Allier avait mentionné qu'il faudrait peut-être y arriver. Peut-être qu'on est rendu là et que le maire Labeaume devrait l'imposer en quelque sorte.»
M. Cousineau se rappelle avoir eu des difficultés à faire accepter son projet Falaise apprivoisée à la commission d'urbanisme de la Ville. Ce bâtiment couvert d'acier rouillé au pied de la côte d'Abraham avait soulevé la controverse au départ. Mais le projet avait finalement été accepté, recevant ironiquement en 2007 le Prix du public au concours d'architecture de la Ville de Québec.











