«On ne peut pas empêcher le développement. Mais on peut le freiner et le contrôler. C'est ce qu'on veut faire, le contrôler en fonction des services de proximité et des infrastructures», expose M. BeauÂlieu en entrevue au Soleil au lendemain de son élection. Les réseaux d'aqueduc et d'égouts ayant pratiquement atteint leur capacité, les futurs projets de développement devront donc prévoir le traitement des eaux, sans quoi ils ne pourront voir le jour.
Mais voilà , M. Beaulieu aura beau vouloir freiner le développement, la construction d'environ 300 maisons a déjà été autorisée sur le territoire de Lac-Beauport. À lui seul, le projet du mont Écho promet d'en ajouter 227 au cours des prochaines années.
Irritation croissante
Tout au long de la campagne électorale, M. Beaulieu dit avoir senti l'irritation croissante chez ses concitoyens. «L'école est saturée, les garderies sont débordées et on ne peut plus avoir de place. Mais on continue à développer! C'est dommage», dit-il.
Et la pression ira en grandissant, entrevoit-il, sa voisine, Québec, souffrant d'une pénurie de terrains. «Avec la saturation de Québec, il est là le danger. Le défi, c'est d'agir comme un chien de garde du développement. Lac-Beauport doit rester Lac-Beauport. Les gens viennent ici pour la quiétude, la qualité de vie, l'environnement, pour élever leur famille. Si on change ça, si on a trois artères commerciales avec des lumières à tous les coins, ça va devenir Québec. Et ça, je ne veux pas ça.»
À son avis, le développement résidentiel représente «le plus gros enjeu. Plus de monde, c'est plus de trafic, plus de manque dans les services de proximité. Et il y a la possibilité de polluer le lac Beauport. Il ne faut jamais permettre d'algues bleues dans le lac Beauport.»
Propriétaire d'une agence de communication, Michel Beaulieu a succédé dimanche à Michel Giroux, qui a décidé en août de ne pas se représenter après 22 ans à la tête de Lac-Beauport. «Michel Giroux a été un très bon maire. Mais après 22 ans, on a besoin de changement. Je considère que quand tu as fait huit ans en politique, tu as fait le tour du jardin», dit le politicien qui prévoit se limiter à deux mandats.
Résidant de Lac-Beauport depuis 15 ans, Michel Beaulieu s'est surtout fait connaître ces trois dernières années en signant des éditoriaux dans le journal mensuel qu'il a fondé voilà trois ans, L'écho du lac. Question d'éviter les problèmes d'éthique, le nouveau maire s'est engagé à vendre et déjà trois acheteurs se sont manifestés.
Voisins en développement
Lac-Beauport a beau mettre la pédale douce, ses voisines entendent bien maintenir le rythme. Pour le nouveau maire de Sainte-Brigitte-de-Laval, Gilbert Thomassin, l'arrivée de nouveaux citoyens aidera sa municipalité à rembourser sa dette, qui avoisine les 20 millions $.
Celui-ci rappelle que sa municipalité n'a pas eu le choix d'emprunter pour financer ses travaux d'infrastructure. Et comme elle tire sa principale source de revenus des taxes municipales, il se voit mal y mettre un frein. Depuis 2002, la petite municipalité voit s'ajouter chaque année plus d'une cinquantaine de nouvelles maisons. Et loin de s'essouffler, la construction a même augmenté en 2008 pour atteindre 84 nouvelles résidences.
Champion de la construction résidentielle, Stoneham, qui voit se construire plus d'une centaine de maisons annuellement, compte aussi continuer à se développer, de dire son nouveau maire, Robert Miller. «Au rythme actuel, ça reste soutenable. On n'arrêtera pas les gens de venir dans le coin. Mais on peut encadrer le développement avec des exigences, demander aux gens qu'ils prennent davantage soin de leur milieu», expose l'homme qui habite lui-même l'un des nouveaux quartiers de la municipalité.

















