«Avec tout le respect que j'ai pour le Château Frontenac [...] notre économie repose actuellement sur la haute technologie et l'économie du savoir. Et pour tout ça, il faut se donner une masse plus jeune, plus dynamique», précisant que le célèbre édifice situé sur le cap demeurera toujours un attrait majeur.
Le maire Labeaume avait trouvé un public attentif, mercredi, pour démontrer l'importance de rajeunir l'image de Québec. Il faisait alors un discours devant des travailleurs des technologies de l'information et des communications réunis au Centre des congrès. Le maire a rappelé une anecdote pour expliquer la perception - parfois négative - des gens d'ailleurs. «"Vous êtes en train de déprovincialiser la ville", me disait quelqu'un. [...] Ça fait seulement rappeler comment, de l'extérieur, on nous perçoit à Québec.»
Le titre de la conférence que prononçait le maire en dit long sur ses ambitions : La technologie au coeur du futur de la ville la plus attrayante et performante au pays. Et comment y parvenir? Créer notamment une nouvelle image de marque. «On travaille sur un nouveau branding de la ville de Québec; on vient d'engager un gourou sur la création d'image de marque», a-t-il confirmé à l'assistance, mercredi. À la fin de sa conférence, il n'a pas voulu dévoiler son nom. Le Soleil a appris plus tard qu'il s'agissait du psychiatre français, recyclé dans le marketing, Clotaire Rapaille.
«Il faut faire en sorte que Québec soit perçue, vue et entendue d'une autre façon que seulement la réputation de la Vieille Capitale. C'est une ville basée sur la créativité, la haute technologie et l'industrialisation du savoir», répète-t-il. M. Labeaume ne peut dire si ces thèmes seront retenus dans l'élaboration de la stratégie de marque. «Il faut partir d'une page blanche», conclut le maire.
Le rêve américain incarné
Il a pour clients Pepsi, Chrysler, L'Oréal, Citibank, Procter & Gamble et General Electric. De bien belles cartes de visite. Bientôt s'ajoutera la Ville de Québec.
Psychiatre de formation, Clotaire Rapaille est maintenant reconnu mondialement dans le domaine de la mise en marché de produits. L'idée de la PT Cruiser, c'est lui. Il est l'exemple même de la réussite qu'il veut insuffler. Arrivé sans le sou aux États-Unis, il habite maintenant un luxueux manoir près de New York. Il met à profit la psychanalyse pour mieux comprendre les motivations des consommateurs.
Dans une entrevue donnée à Radio-Canada, on comprend que la théorie élaborée par Rapaille repose sur la cohabitation chez l'humain de trois cerveaux: celui de la raison, un autre pour les émotions et finalement, celui des instincts. Ses connaissances, il les met à profit pour faire du placement de produit.
Dans cette même entrevue, il parle de la culture québécoise, la qualifiant d'extraordinaire. Il la prend même en modèle parce qu'elle a réussi à survivre même si elle est minoritaire en Amérique du Nord. Il va jusqu'à dire qu'elle apporte une contribution indéniable, citant en exemple le Cirque du Soleil.
Lors d'un passage dans la capitale l'été dernier, M. Rapaille a rencontré quelques gens d'affaires, mais surtout le premier ministre Jean Charest et... le maire Régis Labeaume.














