Le taxi à Québec: un service à revoir à l'ouest

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L'avocat du chauffeur Jean Khalil a transmis une... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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L'avocat du chauffeur Jean Khalil a transmis une demande de consultation publique à la ministre des Transports, Julie Boulet, en 2007, au sujet du nombre de permis de taxi dans certains secteurs de la région.

Le Soleil, Patrice Laroche

Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil

(Québec) Un chauffeur de taxi de Sainte-Foy réclame une consultation publique sur le service offert par son industrie dans les arrondissements de l'ouest de la ville. Tandis que les tours de bureaux poussent, que les maisons s'étendent de plus en plus loin, que les commerces prolifèrent, le nombre de voitures n'aurait pas augmenté depuis la fin des années 70...

Jean Khalil ne veut pas ébranler ses confrères, ni leur couper un gagne-pain. Au cours de notre entretien, il s'est d'ailleurs affiché prudent. Mais, déplore-t-il, depuis des dizaines d'années, le gouvernement limite à 100 taxis tout le secteur de Sainte-Foy-Sillery, Cap-Rouge, L'Ancienne-Lorette... alors que le centre-ville dispose de plus de 430 permis.

«Ce n'est pas logique.» L'ouest de la cité s'est beaucoup développé au fil des ans, plaide-t-il. Les hôtels, les hôpitaux, la gare d'autocars, les restaurants, l'Université Laval avec ses milliers d'étudiants et de professeurs; le boulot ne manque pas, selon lui.

«Comment tu veux fournir si tu n'as pas de taxis?» D'autant plus que les voitures ne seraient pas toutes sur la route en permanence. Surtout la nuit. «Il n'y a jamais 100 personnes qui roulent 24 heures sur 24.»

Secteurs délaissés

Justement, Jean Khalil est chauf­feur de nuit. Les nombreux bars de Sainte-Foy peuvent accueillir des milliers de noctambules, souligne-t-il. Des fêtards très nombreux à se lancer sur la route avec leur bolide, jure-t-il. Ivres, souvent. «À la fermeture, les jeunes prennent leur voiture parce qu'il n'y a pas de taxis qui les fournissent. Les jeunes, de nos jours, s'ils se font arrêter, c'est normal, il n'y a pas de taxis.»

Aussi, lorsque les chauffeurs convergent vers un événement, un lieu achalandé, vers l'aéroport, le reste du territoire est délaissé, regrette-t-il.

Notre interlocuteur est tenace. Voilà trois ans qu'il espère obtenir une nouvelle licence. Entre autres parce qu'il n'a pas les moyens d'acheter un des permis existant à 180 000 $. Les titulaires de la centaine de permis payés à gros prix ne sont d'ailleurs pas très emballés par une éventuelle hausse du quota, convient Jean Khalil. La valeur de leur investissement pourrait en pâtir.

Soulignons que son avocat a transmis sa demande de consultation publique à la ministre des Transports (MTQ), Julie Boulet, en novembre 2007. Mais le MTQ, qui planifiait un transfert des dossiers à la Commission des transports du Québec (CTQ), ne l'a pas traitée. Le pouvoir d'augmenter le nombre de permis n'a finalement été octroyé à la CTQ qu'en juin dernier... Celle-ci n'est toutefois pas en mesure de répondre à la requête dans l'immédiat.

Huit réclamations similaires ont été transmises à la CTQ, explique le directeur du développement stratégique et des communications, Guy Mailhot. «Ce sont de gros dossiers parce qu'il faut faire des études économiques pour savoir si c'est opportun» d'augmenter le nombre de taxis dans un secteur. «Tant que le quota n'est pas révisé, on n'émet pas de permis.»

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