«Pour moi, ce qui est important, c'est qu'on puisse retrouver l'esprit des lieux. Est-ce que c'est par l'intégration de la façade dans une nouvelle structure? Est-ce que ça peut être par une oeuvre d'art qui va nous rappeler l'esprit des lieux? Plusieurs possibilités peuvent être sur la table. Ce qui est important, c'est qu'on se souvienne du passage de l'église Saint-Vincent-de-Paul à cet endroit», a indiqué Mme St-Pierre lors d'un point de presse hier.
Hôtel, condos, logements sociaux : si les idées ne manquent pas pour recycler les terrains de l'ancien patro, rien n'a bougé depuis août 2006. Question de faire le point, la ministre St-Pierre a demandé à rencontrer sous peu le maire de Québec, Régis Labeaume, pour relancer les discussions.
D'autant plus que, depuis peu, le maire dit favoriser un projet d'habitation plutôt qu'un nouvel hôtel. «Qu'il y ait de l'habitation, c'est l'objectif et je suis totalement d'accord. L'hôtel, honnêtement, je n'en vois pas la nécessité», a-t-il lancé lors du conseil municipal de lundi. Ce dernier en a même profité pour lancer un message au propriétaire des terrains, l'hôtelier Jacques Robitaille. «Il dit que ce n'est pas son business. Eh bien qu'il fasse comme moi et qu'il apprenne. Je n'étais pas maire de Québec et je le suis devenu. Je pense que c'est un homme d'affaires intelligent. Il y a sûrement moyen pour lui d'avoir une opération très lucrative en préconisant l'habitation.»
Régis Labeaume n'exclut pas l'expropriation du promoteur, mais se montre très prudent. «Je suis le maire de la ville, alors il faut que j'y aille mollo sinon je vais me mettre à exproprier tout le monde. C'est un moyen qui existe, mais qui est très compliqué et ça pourrait prendre trois ans», dit-il, rappelant que Québec aurait à vivre tout ce temps avec un «décor pitoyable».
La ministre St-Pierre a préféré ne pas se prononcer sur les différents projets avancés pour recycler l'ancien patro. «Ce n'est pas mon rôle de me prononcer sur le rôle, la vocation de la nouvelle bâtisse. Mon rôle comme ministre de la Culture, c'est de protéger les arrondissements historiques.»
Cet été, la Ville donnait le feu vert au promoteur pour démanteler la façade à condition qu'il numérote et entrepose les pierres afin de pouvoir la reconstituer un jour. Mais depuis, rien. Tout indique qu'elle passera un troisième hiver sans protection autre que les poutres d'acier la soutenant.
Constatant que la façade risquait bien de vivre un autre hiver, le ministère de la Culture a fait analyser cet automne la solidité des ruines. «Selon les derniers relevés, la façade est en bon état», assure Mme St-Pierre. Reste que le dossier presse, les ruines ayant été à la vue de tous tout au long du 400e. «Il faut régler ça bientôt» ajoutant que «ça ne peut pas durer pendant des années».
Mais la façade aurait beau disparaître, cet épisode risque de rester gravé dans les mémoires. Un artiste de Québec, Avive, a produit une série de chandails avec une image de la façade délabrée.
















