Les critiques de la députée péquiste Agnès Maltais, qui estime que le gouvernement s'entête à défendre pour des motifs idéologiques le mode PPP, ne semblent pas ébranler davantage le ministre de la Santé. «L'important, c'est que notre projet se réalise. On va attendre toutes les analyses qui vont être faites et en temps et lieu on va choisir le meilleur mode [de construction]. Actuellement, c'est toujours le mode PPP qui est priorisé, mais on va voir au cours des prochaines semaines s'il y a des éléments qui pourraient nous faire changer d'idée.»
Réduire les coûts du projet comme le souhaite la direction du CHUQ, qui se dit aussi pressée de voir les travaux débuter, n'est pas la priorité du gouvernement, enchaîne M. Bolduc. «Pour ce qui s'agit de la révision des plans, c'est un processus qui est continu. On peut toujours améliorer les plans. Mais l'objectif [pour nous] n'est pas de diminuer les coûts, mais d'en avoir plus pour notre argent. C'est un gros projet qui prend du temps.»
Dans son rapport qu'il vient de déposer, le vérificateur général, Renaud Lachance, soutient que les analyses produites par la défunte Agence des partenariats public-privé en vue des projets de construction du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et du Centre de santé de l'Université McGill (CUSM) sont basées sur des hypothèses qui «accentuent de manière exagérée l'écart en faveur du mode PPP». Selon l'Agence, le mode conventionnel ferait augmenter les coûts du projet du CHUM de 24 % et de celui du CUSM de 17 %. Or, Renaud Lachance écrit que les analyses ne permettent pas d'en arriver à de telles conclusions. Le vérificateur général déplore aussi l'absence de mécanismes de révision indépendants des dossiers de PPP, comme on en trouve en France par exemple.
En 2007, le projet d'agrandissement de L'Hôtel-Dieu était évalué à 735 millions $. Aujourd'hui si l'option PPP choisie par le Parti libéral en 2008 est retenue, la facture pourrait s'élever au-delà d'un milliard de dollars.















