Jean Baillargeon sort de son mutisme. L'expert-conseil qui a signé le rapport sur l'avenir de l'édifice patrimonial a réagi à la nouvelle du Soleil, mardi, sur le projet de nouveau manège militaire à Sainte-Foy.
«Pour moi, il est clair que le ministère de la Défense nationale ne veut pas le retour des militaires dans le Manège militaire [de la Grande Allée]», affirme M. Baillargeon.
Le bail de 10 ans du Régiment des Voltigeurs sur le boulevard Pierre-Bertrand et le transfert du 35e Régiment de génie du combat derrière les centres commerciaux fidéens sont de mauvais augure pour un retour des militaires au Manège.
Investissement considérable
Les projets de reconstruction de l'édifice incendié soumis à la consultation publique s'élevaient à quelque 100 millions $, poursuit le conseiller stratégique chez National. Un investissement considérable. «Le bâtiment a été placardé, note M. Baillargeon. Ça peut rester comme ça un bon bout de temps. Ce qui est à craindre, c'est qu'il n'y ait aucun argent dans le prochain budget fédéral pour la reconstruction du Manège.»
Si cela s'avère, il ne faut pas s'attendre à une reconstruction à court terme, croit-il. La ministre Josée Verner doit parvenir à obtenir le budget, «sinon ça va être reporté dans les 10 prochaines années». Il appelle tous les intervenants de Québec à faire pression sur le gouvernement conservateur.
L'auteur du rapport Baillargeon a sa petite idée sur ce que devrait être la vocation de l'endroit. Il souhaite le plus grand accès public possible. «C'est un lieu stratégique et un lieu de mémoire, indique-t-il. J'y vois la création d'un mémorial militaire et civique. On pourrait y faire des commémorations à grand déploiement de Québec ville militaire et historique. Ça n'existe pas à Québec.»
Un organisme sans but lucratif composé de la Fondation des Voltigeurs, de la Commission de la capitale nationale et de la Commission des champs de bataille nationaux pourrait en assurer la gestion. Mais la propriété resterait fédérale.
L'expert-conseil ne cache pas qu'il aurait préféré une consultation «plus approfondie» sur l'avenir du Manège. Son rapport soulignait que le processus était «incomplet» et que la participation a été «restreinte». Il aurait aimé soumettre «certaines hypothèses» à différentes organisations : Office du tourisme, Centre des congrès, Commission des champs de bataille nationaux, Festival d'été, Carnaval, Fêtes de la Nouvelle-France, etc.
Jean Baillargeon s'explique mal que, pour la suite des choses, Ottawa ait décidé de confier à une firme ontarienne, CRG Consulting, le mandat d'évaluer les coûts et les concepts pour la reconstruction. «J'aurais aimé que ce soit une firme de Québec, affirme-t-il. Pour comprendre la vocation du Manège, il y a des compétences à Québec pour faire le travail. Je suis déçu.»












